Retraite

Cumuler emploi-retraite

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Entrée en application au 1er janvier 2009, la réforme du cumul emploi retraite facilite le retour à la vie active des seniors. La loi Fillon de 2003 avait déjà permis d’assouplir le dispositif qui prévalait antérieurement. Sous certaines conditions toutefois : tout d’abord, le cumul des revenus d’activités et de la pension de retraite ne devait pas dépasser le dernier revenu d’activité ou, si ce mode de calcul était plus favorable, un plafond correspondant à 160 % du Smic (salaire moyen des trois derniers mois d’activité). En outre, il n’était pas possible pour le salarié de reprendre une activité chez son ancien employeur avant un délai de six mois à partir de la mise à la retraite. Une reprise d’activité qu’il fallait par ailleurs déclarer. à défaut de respecter ces règles, la pension pouvait être suspendue.

Depuis le 1er janvier 2009, la donne a changé. Pour ce qui concerne le régime général, tout salarié qui remplit les conditions suivantes peut cumuler emploi et retraite :

  • Il doit avoir liquidé ses pensions de retraite auprès de tous les régimes dont il a relevé à un moment ou à un autre ;
  • Il doit être âgé entre 65 ans et 67 ans ou entre 60 ans et 62 ans (s’il justifie d’une durée d’assurance suffisante pour une pension à taux plein).

Le délai de 6 mois qui prévalait est également supprimé si le salarié reprend une activité chez son ancien employeur.

Par ailleurs, les revenus de la pension et de la reprise d’activité ne sont plus limités. Attention : si vous ne respectez pas ces conditions, vous restez soumis à l’ancien dispositif de cumul partiel entre retraite et revenus d’activité. Toutefois, la reprise ou la poursuite d’une activité non salariée ou relevant d’un régime spécial ne fait pas obstacle au paiement de la retraite du régime général.

La réforme touche également d’autres régimes que le régime général. Il en va ainsi du régime des indépendants qui peuvent cumuler pension et revenus tirés d’une activité professionnelle. à condition de remplir les mêmes conditions que dans le régime général. Même chose pour le régime des professions libérales, des non-salariés agricoles comme des fonctionnaires.

Les régimes de retraite complémentaire des salariés se sont aussi alignés sur ces dispositions.

Un conseil : si vous avez l’intention de reprendre une activité après votre retraite, prenez contact avec votre caisse de retraite pour connaître les conditions qui vous seront appliquées selon votre situation.

Préparer sa retraite avec l’immobilier

Achat d’une résidence principale

Préparer sa retraite, c’est d’abord acheter sa résidence principale. Alors que l’avenir des retraites est incertain, l’immobilier reste un bon moyen d’assurer vos arrières. En achetant votre logement, vous diminuez vos dépenses futures. En particulier lorsque vous serez à la retraite et que vos revenus diminueront. En vous y prenant suffisamment tôt, vous pouvez même espérer ne plus avoir de charges de remboursement de votre logement au moment où vous quittez le monde du travail. En attendant, vous disposez d’un toit et n’êtes plus dépendant d’un bailleur. Vous n’avez plus le sentiment de jeter votre argent par les fenêtres en payant un loyer tous les mois. Tous les calculs le démontrent : l’achat est pratiquement toujours gagnant par rapport à la location. Car en achetant votre logement, vous vous constituez un patrimoine dont vous pourrez disposer comme bon vous semble. Selon les étapes de votre vie, vous pourrez le revendre pour racheter plus grand ou plus petit. De bonnes raisons pour passer à l’acte rapidement.

L’idéal est cependant de préparer votre acquisition. Par exemple en ouvrant un compte ou un plan épargne logement.

  • Avec un PEL, vous versez un minimum de 225 € puis vous alimentez votre plan avec un minimum de 540 € par an, soit 45 € par mois. Rien ne vous interdit d’effectuer des versements complémentaires. Vous pouvez cumuler jusqu’à 61 200 € d’épargne rémunéré à 2,50 %, pour les plans ouverts à compter du 1er mars 2011, hors intérêts et hors prime d’état plafonnée à 1 525 euros versée seulement en cas de prêt (le montant du prêt doit être d’au moins 5 000 € pour les PEL ouverts depuis le 1er mars 2011). Au bout de quatre ans, vous disposez non seulement d’une épargne mais de droits à prêt à taux privilégié (4,20 % depuis le 1er août 2003). Les intérêts sont exonérés jusqu’à la veille du 12e anniversaire du PEL, mais les prélèvements sociaux (13,5% à compter du 1er octobre 2011) sont dus dès la première année. La prime est soumise aux prélèvements sociaux à la date de son versement.
  • Avec un CEL, vous versez 300 € à l’ouverture puis la somme souhaitée (au moins 75 € par versement). La durée minimale d’épargne est de 18 mois. Il n’existe pas de limite maximale. Les fonds déposés sont toujours disponibles (contrairement au PEL), sauf la mise de départ de 300 €, sinon vous clôturez votre compte. Vous pouvez épargner jusqu’à 15 300 € rémunérés à 1,5 % (hors intérêts et hors prime d’Etat de 1144 euros au plus, sous réserve d’obtention d’un prêt lié au CEL) depuis le 1er août 2011. à l’issue de la phase d’épargne, vous pouvez emprunter jusqu’à 23 000 € à un taux qui est fonction de chaque période de dépôt. Ce taux est variable ; il dépend de la période pendant laquelle l’épargne a été constituée. Les intérêts et la prime sont exonérés d’impôt sur le revenu mais sont soumis aux prélèvements sociaux (13,5% depuis le 1er octobre 2011).

Investissement locatif

Préparer sa retraite peut aussi passer par un projet d’investissement locatif. Un logement que vous pourrez tout d’abord louer à un locataire mais que vous pourrez aussi récupérer pour votre propre usage, par exemple au moment de la retraite, celui-ci devenant alors votre résidence principale ou semi-principale. Par exemple, si vous préférez partager votre temps entre deux résidences. En attendant, vous en tirerez des revenus réguliers. Pour cela, assurez-vous que le logement est bien situé. Il doit se louer facilement et donc s’inscrire dans une ville où le marché locatif est dynamique. Soyez également attentif aux qualités du logement. Aujourd’hui, les locataires sont très attentifs au confort offert. Si vous optez pour du neuf, vous pouvez encore bénéficier du dispositif Scellier qui donne droit à une réduction d’impôt, à condition de respecter certains plafonds de loyers. Attention : dans le cadre des mesures de restriction budgétaire, le projet de loi de finances pour 2012 prévoit de limiter la réduction d’impôt (de 25% à 14%) et de supprimer le dispositif Scellier fin 2012.

L’investissement immobilier présente également un autre avantage, celui de pouvoir être effectué à crédit. Dans ce domaine, toutes sortes de crédits sont susceptibles de répondre à votre demande. Mais là encore, n’oubliez pas qu’un plan épargne logement peut participer au financement de votre investissement.

Les placements immobiliers : SCPI et OPCI

Avec une mise de fonds plus modeste que si vous achetiez en direct, la souscription de parts de SCPI (Société civile de placement immobilier) permet de profiter des mêmes avantages que l’investissement locatif en direct, les soucis en moins ! La gestion est en effet assurée par la gestion de la SCPI. Outre les SCPI, vous pouvez depuis peu opter pour un autre type de placement immobilier qui offre plus de souplesse et de liquidité : les OPCI (Organismes de placement collectif en immobilier). Ceux-ci bénéficient également d’une gestion immobilière élargie par rapport aux SCPI et d’une fiscalité plus adaptée à la situation patrimoniale des souscripteurs.

A noter que certains contrats d’assurance vie permettent d’investir dans des parts de SCPI ou d’OPCI ; dans ce cas, les revenus sont capitalisés et c’est la fiscalité de l’assurance vie qui s’applique lors des retraits ou en cas de décès.

Constituer un capital ou des revenus complémentaires avec l’épargne classique

épargne bancaire : le socle de l’épargne

Il est toujours bon d’avoir un peu d’épargne devant soi, ne serait-ce que pour faire face à une dépense imprévue ou à un projet d’achat. Certains livrets permettent d’épargner en douceur tout en ne payant pas d’impôt sur les intérêts acquis.

Le livret A

Même si sa rémunération a baissé – il ne faut pas oublier que ce n’était que pour pallier l’inflation galopante – il reste le produit fétiche des Français. Cinquante millions de nos compatriotes en possèdent un et la loi de modernisation de l’économie permet désormais à toutes les banques de le distribuer. Ce qui devrait lui assurer un bel avenir.

Il peut être ouvert par n’importe qui (majeur ou mineur, association…). L’épargne est plafonnée à 15 300 € (76 500 € pour une association), hors intérêts, et rémunérée à 2,25 % depuis le 1er août 2011. Attention : il ne peut être ouvert qu’un seul livret A par personne.

Le livret d’épargne populaire

Il est limité à 7 700 € d’épargne (hors intérêts) rémunérée à 2,75 % depuis le 1er août 2011 (net d’impôt). Pour en bénéficier, vous devez être non imposable ou ne pas payer plus de 769 € d’impôt par an (revenus de 2009 payables en 2010). Deux livrets au maximum peuvent être ouverts par foyer fiscal.

Le livret de développement durable (ancien codevi)

Sa rémunération est de 2,25 % par an depuis le 1er août 2011 et vous ne pouvez dépasser 6 000 € (hors intérêts) de versements par livret. Mais chaque membre de la famille peut en détenir un. Un livret de développement durable n’est pas fiscalisé (ni impôt sur le revenu ni prélèvements sociaux).

Le PEL

Comme nous l’avons évoqué précédemment, sa rémunération est actuellement fixée à 2,50 % pour une épargne qui ne peut excéder 61 200 €. Outre sa rémunération, il présente de nombreux atouts. Tout d’abord, il est possible d’améliorer cette rémunération en cas de prêt immobilier. Il faut en effet rappeler que l’épargne logement a pour principe une phase d’épargne et une phase de prêt. En ce qui concerne le PEL, ce droit à prêt est automatique au bout de 4 ans (voire 3 ans). Ensuite, compte tenu du prêt possible après 4 ans, il vous autorise à réaliser toutes sortes de projets immobiliers (achat d’un logement, financement de travaux….). Il peut donc être très utile au moment de la retraite. Pour les prêts ouverts à compter du 1er mars 2011, la prime d’état, égale à 1 525 € au maximum, n’est versée que si le titulaire souscrit un emprunt d’au moins 5 000 €.

Le PEP

Le plan épargne populaire n’est plus commercialisé depuis 2003. Toutefois, les détenteurs d’un PEP peuvent encore profiter pleinement de leur contrat et même l’alimenter. Le plafond de dépôt est limité à 92 000 euros, plafond qui ne peut être dépassé que par le jeu de la capitalisation des intérêts. Un PEP est ouvert pour 8 ans minimum, ce qui permet à son détenteur d’être exonéré de prélèvements sociaux (pas d’impôt sur le revenu). Après 10 ans d’ancienneté, le PEP permet de prélever des fonds sans pour autant être dans l’obligation de clôturer son plan. Autre avantage, les plans qui ont plus de 10 ans ont une durée indéfinie puisqu’ils peuvent être prorogés d’année en année. L’avantage des plans existants est de permettre une sortie en capital fractionnée ou une sortie en rente viagère défiscalisée (hors prélèvement sociaux). Dans le cadre de la retraite, ces deux solutions sont tout à fait intéressantes car vous disposez ainsi d’un complément de revenu.

© Uni Editions & Crédit Agricole SA - août 2011