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Retraite
Les questions clés pour tout savoir sur la retraite
1. A quel âge pourrai-je prendre ma retraite ?
Dans tous les régimes de base de la Sécurité sociale, l’âge légal de départ à la retraite est repoussé de 60 ans à 62 ans, suite à la réforme de novembre 2010 applicable depuis le 1er juillet 2011. Pour les régimes spéciaux la réforme ne prendra effet qu’à compter de 2017. Le recul de l’âge de la retraite concerne les assurés nés à compter du 1er juillet 1951. Mais pour bénéficier d’une retraite à taux plein, il faut avoir cotisé un certain nombre de trimestres. A défaut, vous devrez choisir entre une retraite minorée ou différer votre départ jusqu’à l’obtention de vous vos trimestres. En tout état de cause, vous pourrez partir à la retraite à taux plein à 67 ans, ou avant si vous êtes nés entre 1951 et 1955.
Le tableau ci-dessous résume les âges de départ en retraite et durées de cotisation requises.
| Année de naissance | Age légal de départ en retraite | Durée de cotisation requise (en trimestres) | Age de départ en retraite à taux plein |
| 1er semestre 1951 | 60 ans | 163 | 65 ans |
| 2ème semestre 1951 | 60 ans et 4 mois | 163 | 65 ans et 4 mois |
| En 1952 | 60 ans et 9 mois | 164 | 65 ans et 9 mois |
| En 1953 | 61 ans et 2 mois | 165 | 66 ans et 2 mois |
| En 1954 | 61 ans et 7 mois | 165 | 66 ans et 7 mois |
| En 1955 et au-delà | 62 ans | 166 | 67 ans |
Il existe cependant des exceptions à ces règles. Ainsi vous pouvez bénéficier du dispositif de retraite anticipée pour carrière longue mis en place en 2004 si vous avez commencé à travailler avant 17 ans. Des mesures existent également pour les handicapés, les personnes inaptes au travail, les mères de famille… La réforme de 2010 a introduit également la possibilité de partir en retraite, dès 60 ans, au taux plein, au titre de la « pénibilité ». En outre, certaines catégories d’assurés peuvent continuer à bénéficier d’une retraite à taux plein à 65 ans, quelque soit leur durée d’assurance : sous certaines conditions, les assurés ayant joué le rôle d’aidant familial, les parents d’un enfant handicapé, les parents nés du 1er juillet 1951 au 31 décembre 1955 ayant au moins 3 enfants, etc. En pratique, l’allongement progressif de la durée de cotisation et le recul de l’âge de la retraite impliquent un départ à la retraite plus tardif.
2. En retardant mon départ à la retraite au-delà de l’âge légal, quelle majoration de retraite pourrai-je percevoir en plus ?
Depuis le 1er janvier 2004, les pouvoirs publics ont mis en place un système de majoration des pensions pour les personnes qui décident de poursuivre leur activité au-delà de l’âge légal et qui comptabilisent le nombre de trimestres requis en fonction de leur âge de départ. La surcote correspond à une majoration du montant de la retraite de 1,25 % par trimestre civil supplémentaire cotisé depuis le 1er janvier 2009. Pour ceux effectués entre le 1er janvier 2004 et le 31 décembre 2008, le taux est égal à 0,75% du premier au quatrième trimestre supplémentaire, 1% au-delà du 4e, et 1,25% pour chaque trimestre de surcote accompli après l’âge du taux plein.
3. Quels sont les prélèvements sociaux et fiscaux sur les retraites ?
Si vous êtes salarié, vous devez déclarer vos indemnités de départ à la retraite. Si votre départ à la retraite est le fait de votre employeur, l’exonération se limite à l’indemnité légale. À défaut, elle est pratiquée selon le calcul le plus avantageux pour vous : soit 50 % de l’indemnité, dans la limite de 5 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale (176 760 € au plus pour les indemnités perçues en 2011), soit deux fois votre rémunération annuelle brute (limité au plafond Sécurité sociale). Par ailleurs, en tant que retraité, vous n’échapperez pas à la CSG et à la CRDS. La CSG s’établit à 6,60 % sur les retraites (dont 2,40 % non déductibles du revenu imposable et 4,20 % déductibles). Pour ce qui concerne la CRDS, son taux s’établit à 0,50 %.
Si vous n’êtes pas imposable ou si vous bénéficiez d’une pension très modeste (allocation de veuvage, allocation de solidarité aux personnes âgées…), vous pouvez être exonéré de CSG ou, éventuellement, bénéficier d’un taux de CSG réduit à 3,80 %.
4. Comment évoluera le montant de ma retraite après ma cessation d’activité ?
Si vous relevez du régime général ou d’un régime aligné (salarié, artisan, commerçant…), votre retraite sera revalorisée chaque année en fonction de l’évolution des prix (hors tabac). Jusqu’en 2008, la revalorisation des pensions s’effectuait au 1er janvier de chaque année. Mais, depuis 2009, l’indexation s’effectue tous les ans au 1er avril pour s’harmoniser avec les régimes de retraite complémentaire (Arrco, Agirc). Si vous cotisez à la retraite des professions libérales, les règles de revalorisation s’alignent sur celles du régime général.
5. Existe-t-il un montant de retraite minimum pour les personnes qui ont peu cotisé ?
Si vous avez suffisamment cotisé pour bénéficier d’une retraite à taux plein, vous pouvez prétendre au minimum contributif. Son montant est au minimum de 608,15 € par mois, depuis le 1er avril 2011. Ce minimum devrait être versé sous conditions de ressources à partir de 2012. En complément, si vous avez au moins 65 ans (ou dans certains cas, à partir de l’âge légal de départ : entre 60 et 62 ans), vous pouvez demander à bénéficier de l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa). Pour percevoir cette allocation, vos ressources ne doivent pas dépasser 8 907,34 € par an pour une personne seule et 14 181,30 € (plafonds 2011) pour un couple (marié, pacsé ou concubin). Ce n’est pas une pension de retraite, mais une aide pour que votre revenu global vous assure un minimum pour vivre chaque mois. Ce revenu minimum mensuel est fixé à 742,27 € pour une personne seule. Sachez aussi que le minimum vieillesse des personnes isolées doit être revalorisé de 25 % en cinq ans (entre 2007 et 2012).
Pour en savoir plus : http://www.saspa.fr http://www.fsv.fr http://www.cdc.retraites.fr
6. La pension de retraite obligatoire est-elle toujours réversible au conjoint ? A quelles conditions ?
Si vous dépendez du régime général, vous y avez droit sous deux conditions : le niveau de vos ressources et votre âge. En 2011, vous devez avoir au moins 55 ans et vos ressources ne doivent pas dépasser un plafond fixé chaque année au 1er janvier : 19 115,20 € au 1er décembre 2011 . Si vous entrez dans ces critères, la pension de réversion s’élèvera à 54 % de la retraite de votre conjoint (ou ex-conjoint) décédé. Une majoration supplémentaire de 11,1% peut être accordée depuis le 1er janvier 2010. Pour en bénéficier, vous devez avoir atteint l’âge du taux plein (entre 65 et 67 ans selon votre génération), avoir fait liquider tous les avantages de retraite et de réversion auxquels vous pouvez prétendre, et votre retraite ne doit pas excéder 2 472,45 € par trimestre depuis le 1er avril 2011. Si vous êtes divorcé du défunt ou séparé, vous ne perdez pas votre droit à réversion. Et si votre ex-conjoint décédé s’était remarié, vous partagerez les droits avec son conjoint. Quant à la réversion de la pension complémentaire, vous y avez également droit. Mais en cas de remariage, la pension de réversion est supprimée.
7. Comment se tenir informé de ses droits ?
Demandez vos relevés de carrière à toutes vos caisses de retraite (de base et complémentaire). La plupart des caisses vous l’adressent automatiquement entre 55 et 58 ans. Mais si vous êtes à deux ans de la retraite et si vous n’avez rien reçu, renseignez-vous. Une fois votre relevé en main, vérifiez s’il comporte des anomalies et, le cas échéant, signalez-les sans attendre à la caisse concernée. Si vous avez besoin d’aide, n’hésitez pas à faire appel à vos caisses, notamment via des « accueils point retraite » pour les salariés. Des associations tiennent des permanences dans les mairies, les Cicas (Centres d’information et de coordination de l’action sociale des régimes de retraite). Avant 55 ans, vous pouvez obtenir une estimation globale de votre future pension via le simulateur M@rel, disponible sur le site http://www.marel.fr ou sur le site http://www.info-retraite.fr. Votre conseiller bancaire peut, en complément, vous aider à bien préparer financièrement votre retraite et à définir le meilleur moment pour cesser votre activité.
Dans le cadre du droit à l’information retraite, chaque assuré reçoit par voie postale tous les 5 ans - à partir de ses 35 ans – un courrier commun de ses organismes de retraite obligatoire, récapitulant l’ensemble de ses droits et comportant - à partir de 55 ans - une estimation du montant de sa future retraite. Une version actualisée pour les principaux régimes, est désormais accessible à tout moment par voie électronique.
8. Quelles sont les formalités à accomplir pour demander la liquidation de mes droits, notamment si j’ai cotisé à plusieurs régimes de retraite ?
Vos caisses de retraite ne sachant pas à quel moment vous comptez cesser votre activité, il faut donc les avertir de votre intention de partir 6 mois au moins avant la date prévue. Que vous ayez exercé une activité salariée, agricole, artisanale et/ou commerciale, le courrier est à rédiger sur un formulaire nommé « demande unique », également disponible en mairie ou téléchargeable sur Internet (http://www.info-retraite.fr). Attention : la demande unique ne concerne que le régime de base. Pour la retraite complémentaire, vous devez faire une demande séparée. En revanche, si vous êtes non-salarié, c’est généralement le même organisme qui gère les retraites de base et les retraites complémentaires : la demande du premier entraîne la liquidation du dernier. Quant aux fonctionnaires, la formalité est simple puisque c’est l’administration qui les emploie qui gère les dossiers de retraite.
© Uni Editions & Crédit Agricole SA - Janvier 2012






