1. Prévoir sa retraite
La réforme des retraites est engagée depuis une quinzaine d’années maintenant. En 1993, la réforme Balladur a prévu que le calcul des pensions se ferait désormais en fonction des 25 meilleures années de salaire et non les dix meilleures années d’où une baisse de facto des taux de rempacement à la retraite . Puis la réforme Fillon en 2003 dont l’objectif est d’inciter les salariés à travailler plus longtemps a modifié la durée de cotisations : celle-ci est progressivement passée de 37,5 à 40 annuités, soit 160 trimestres. En 2008, il a été décidé de poursuivre cet allongement de la durée des cotisations avec un trimestre supplémentaire chaque année, soit 164 trimestres en 2012 pour partir à la retraite avec un taux plein. Résultat : il faudra travailler plus longtemps avec des pensions servies en baisse et la tendance va se poursuivre. Les projections du Cor (Conseil d’orientation des retraites) sont parlantes : en 2020 la retraite moyenne (nette de cotisations sociales) à 65 ans d’un cadre après une carrière complète se situerait autour de 56 % contre 64 % en 2003 et celle d’un salarié au Smic à 76 % contre 84 % en 2003 soit une baisse moyenne de 8 points. Il est donc plus que jamais indispensable de préparer sa retraite en se constituant un revenu complémentaire. Par exemple avec un Perp (plan d’épargne retraite), un contrat d’assurance vie, un PEA, un Pere ou un Perco (plans d’épargne employeur) ou encore en investissant dans l’immobilier locatif. Il n’est jamais trop tôt pour commencer. Plus vous y songerez jeune, meilleur sera votre revenu complémentaire et vos chances de bien vivre votre retraite.
2. Constituer sa retraite
Il n’est pas impossible qu’au cours de votre carrière, vous releviez de régimes de retraite différents : le régime général, celui des agriculteurs, celui des fonctionnaires ou encore celui des indépendants ou des professions libérales. Quels que soient votre âge et votre statut professionnel, constituez votre dossier de retraite au fur et à mesure, en rassemblant tous les documents liés à vos emplois et ceux qui sont primordiaux pour vous permettre de faire valoir vos droits : fiches de paie, attestations de périodes « assimilées » (chômage, service militaire, maladie, maternité…). Demander régulièrement un relevé de carrière auprès de vos caisses de retraite pour vérifier que l’ensemble de vos activités sont prises en compte. Il est toujours plus facile de corriger une erreur qui s’est produite il y a 5 ans que 20 ou 30 ans.
3. Calculer sa retraite
Depuis le 1er août 2007 et comme il est prévu dans le cadre de la réforme des retraites, un relevé de situation individuelle (RIS) a été mis en place qui, comme son nom l’indique, vous permet de connaître votre situation. Et cela, que vous soyez salarié, travailleur indépendant, fonctionnaire ou exploitant agricole. Si vous avez entre 45 et 50 ans, ce relevé a dû vous être adressé en 2007 ou en 2008. En 2009 et 2010, d’autres tranches d’âge seront concernées. Le document fournit la liste de l’ensemble des régimes auprès desquels vous avez acquis des droits à la retraite, les éléments de rémunération pris en compte, la durée de cotisation et le nombre de points acquis. En outre, une estimation indicative globale (EIG) sera également progressivement généralisée et adressée tous les 5 ans jusqu’au départ à la retraite (à partir de 55 ans). Cette estimation reprendra l’ensemble des droits inscrits auprès des différents régimes de retraite auxquels vous avez été rattachés durant votre carrière. Mais rien ne vous empêche d’effectuer cette estimation plus tôt, avec l’aide de votre conseiller bancaire par exemple. Une démarche qui vous permettra de déterminer l’âge idéal de votre départ à la retraite et de savoir si vous avez intérêt à racheter des trimestres. L’occasion aussi d’évaluer vos besoins en épargne retraite et d’adopter la bonne stratégie pour compléter votre pension de retraite.
4. Demander sa retraite
En principe, sauf cas particulier, il est difficile – en tout cas financièrement – de programmer sa retraite avant 60 ans. Rien ne vous empêche, non plus, d’envisager de continuer à travailler au-delà, par exemple jusqu’à 70 ans, âge limite actuel. Quel que soit l’âge auquel vous souhaitez prendre votre retraite, il vous faudra en faire la demande et vous y prendre suffisamment à l’avance. Comptez un délai de 6 mois à 1 an. Vous aurez ainsi le temps de vérifier que les montants qui vous sont proposés au titre du régime général et du régime complémentaire correspondent bien à la réalité de vos années de cotisations. Une fois les montants acceptés et votre retraite liquidée, il vous serait difficile de revenir en arrière.
5. Etre à la retraite
Ça y est ! Vous êtes enfin à la retraite et vous comptez bien en profiter pour réaliser tous les projets restés en suspens lors de votre période d’activité. C’est très bien. Mais n’oubliez pas que votre train de vie va automatiquement diminuer. Vos charges, elles, ne baisseront pas forcément. Raison pour laquelle vous avez intérêt à bien maîtriser vos dépenses. Etablissez un budget avec, d’un côté, vos dépenses incompressibles, de l’autre, vos revenus, sachant qu’ils ne feront, au mieux, que suivre le coût de la vie. Profitez-en pour faire le point sur vos excédents de trésorerie pour les faire fructifier en les plaçant sur un produit d’épargne. Il suffit de demander conseil à votre banque pour trouver les solutions d’épargne les mieux adaptées à votre situation.
© Uni Editions – janvier 2009