Du fait de l’allongement de la durée de la vie et des progrès médicaux, nous sommes de plus en plus souvent confrontés au vieillissement d’un parent ou d’un grand-parent, voire à notre propre avancée en âge et à ses conséquences. À l’horizon 2010, près du quart de la population aura 60 ans et plus, et 20 millions de personnes seront en situation de perte d’autonomie. Face à cet enjeu de santé publique, le gouvernement réfléchit à la création d’un cinquième risque de la Sécurité sociale, dédiée à la perte d’autonomie. Un projet de loi est actuellement à l’étude.
Dans ces situations, lorsque le doute ou l’inquiétude s’installe, il peut être utile de faire le point, en particulier avec son médecin traitant. Il existe également des centres d’évaluation qui s’inscrivent généralement dans un réseau dit « gérontologique » associant le médecin traitant, les services d’urgence et d’accueil des hôpitaux et certaines structures d’hospitalisations ayant vocation à accueillir des personnes âgées. Une évaluation est réalisée au domicile de la personne âgée malade par une équipe généralement pluridisciplinaire associant un gériatre, une infirmière mais également une psychologue et, ou une assistante sociale. Des actions de prévention en matière de malnutrition, par exemple, ou de dépistage de certains troubles peuvent être alors proposées. L’objectif de ces centres est de pouvoir maintenir la personne à son domicile.
Pour aller plus loin :
- Pour certains professionnels, comme les médecins généralistes de l’Union régionale des médecins libéraux d’Ile-de-France, la perte d’autonomie signifie « ne plus être capable de décider et d’assurer seul les gestes élémentaires de la vie quotidienne. La difficulté croissante à assurer soi-même les tâches domestiques crée de nouvelles dépendances physiques, individuelles et sociales, surtout lorsque la personne vit seule. Elle ne concerne pas uniquement les personnes âgées. La perte d’autonomie met en cause le mode de vie, les conditions d’hébergement, la nature des relations avec l’entourage. » (voir www.urml-idf.org, rubrique « Nos travaux », Études, puis toutes les Etudes et « Enquête sur la perte d’autonomie »).
- Pour l’Observatoire départemental de la Famille de l’Udaf du Calvados, « la notion de perte d’autonomie […] permet de souligner que ce qui se perd, ce n’est pas simplement une capacité physique ou mentale à effectuer certaines tâches de la vie quotidienne, c’est aussi et surtout la liberté que procure la capacité à y parvenir sans l’assistance d’un tiers. En d’autres termes, on peut estimer que la perte d’autonomie, au-delà de la sénescence physique et/ou mentale, se définit d’abord par l’humiliation et la honte que provoque le sentiment de déchoir ». (voir www.unaf.fr, rubrique « Etudes et recherches », « Observatoire des familles », études par thème, puis « Solidarités » et « UDAF 14 -Aide familiale et personne en perte d’autonomie »)
Attention aux fausses idées !
- La perte d’autonomie peut concerner tout un chacun et être parfois très brutale lorsqu’elle fait suite à un accident de voiture ou à une maladie subite, par exemple. Elle peut nous concerner un jour, même si nous sommes encore jeunes. La perte d’autonomie ne recouvre, en effet, pas tout à fait la même chose que la dépendance. En France, avant 60 ans, on parle de perte d’autonomie, après 60 ans, de dépendance. Pour l’Insee, « la dépendance est définie comme le besoin d’aide des personnes de 60 ans ou plus pour accomplir certains actes essentiels de la vie quotidienne. Elle est liée non seulement à l’état de santé de l’individu, mais aussi à son environnement matériel : une personne âgée se déplaçant difficilement sera très dépendante, voire confinée chez elle, si elle habite en étage dans un immeuble sans ascenseur, mais plus autonome dans le cas contraire » (Données sociales, Insee, 2006, La société française, « La dépendance des personnes âgées : une projection en 2040, Michel Duée, Cyril Rebillard).
- La perte d’autonomie peut également être temporaire. Parfois, à la suite d’un problème de santé, on perd une certaine autonomie et on a besoin, au moins provisoirement, d’une aide au quotidien. Après quelque temps, la fatigue peut s’estomper, l’état de santé s’améliorer, et on n’a alors plus besoin de cette aide.
- La perte d’autonomie ne concerne pas seulement les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, même si ces dernières constituent la principale cause de dépendance lourde des personnes âgées. Elle touche 18 % des personnes de plus de 75 ans et au total, 850 000 personnes en France. On peut perdre une part de son autonomie à la suite d’autres événements : une chute, un accident, un choc psychologique…
- Enfin, souvent nous pensons également que la perte d’autonomie est prise en charge par les pouvoirs publics au travers de la Sécurité sociale ou des aides des départements. Même si la dépense publique est très importante, la famille aura généralement à supporter une partie des coûts. Cette situation est en particulier liée au fait que les différentes prestations versées, comme l’allocation personnalisée d’autonomie, sont plafonnées et prennent en compte les ressources des intéressés.
© Uni Editions - mai 2009