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VEHICULE
Un éthylotest obligatoire dans toutes les voitures
Annoncée fin novembre par Nicolas Sarkozy, l’obligation pour tous les conducteurs d’avoir un éthylotest dans leur voiture devrait être effective dès le printemps prochain. A défaut une amende de 17 € est prévue. Parallèlement, il est prévu que les éthylotests antidémarrage, obligatoires dans les cars neufs de transport d’enfants depuis le 1er janvier 2010 seront généralisés à tous les autocars de transport en commun à partir du 1er septembre 2015. L’installation massive de radars sur les routes a en effet permis de réduire le nombre d’accidents liés à la vitesse. Depuis, l’alcool est devenu la première cause de mortalité sur les routes et, avec cette mesure, les pouvoirs publics espèrent faire respecter la limite légale d’alcoolémie (0,5 g/l de sang) au volant.
Une mesure controversée
Il existe deux types d’éthylotest : chimiques et électroniques. Les premiers présentent l’avantage d’être peu onéreux. Une paire ne coûte en effet qu’entre 1,5 € et 2 €. Mais ils sont destinés à un usage unique. Les seconds sont généralement réutilisables mais coûtent entre 150 € et 200 €. La mesure annoncée par le président de la République s’appuie sur le coût insignifiant des éthylotest chimiques pour le conducteur. Dès lors, comment un conducteur consciencieux qui aura soufflé dans le ballon avant de prendre le volant pourra-t-il justifier de la présence de son éthylotest puisqu’il est à usage unique ? De plus, pour Chantal Perrichon, présidente de la Ligue contre la violence routière, seuls ceux qui sont déjà sensibles au problème de l’alcool se testeront avant de démarrer. Enfin, la fiabilité des éthylotests chimiques est régulièrement remise en cause, sans compter que l’alcoolémie maximale est atteinte entre trente minutes et une heure après le dernier verre. Quelle législation appliquer à un conducteur qui se teste en toute bonne foi, constate un niveau d’imprégnation sous la limite légale, prend le volant mais présente un taux d’alcoolémie supérieur à 0,5g/l une demi-heure plus tard lors d’un contrôle par les forces légales ? Soulevée par un avocat spécialiste des contentieux automobiles, cette question risque en effet de provoquer plus de confusion chez des automobilistes responsables, sans oublier les contentieux inédits dans les tribunaux.
Ethylotest au démarrage, la bonne solution pour les conducteurs dangereux ?
Pour nombre d’opposants à la mesure, la seule vraie solution à ce problème d’alcoolémie au volant serait l’amplification des campagnes de sensibilisation, de la présence des forces de l’ordre sur le terrain pour assurer des contrôles et de l’usage d’éthylotests électroniques antidémarrage pour les personnes condamnés pour ivresse au volant. Rappelons en effet qu’un décret de septembre 2011 permet de prononcer une peine complémentaire à l’encontre des conducteurs en état d’ivresse, leur imposant d’utiliser un dispositif d’antidémarrage par éthylotest électronique. Ce texte prévoit aussi une amende 1 500 € pour les récidivistes, plus dissuasive que la contravention de 17 €, et des peines complémentaires, telle la confiscation du véhicule, à l’encontre des chauffards qui utiliseraient le dispositif et démarreraient malgré leur état alcoolique.
Plus d’info
Décret du 5 septembre 2011 relatif à la conduite sous l’influence de l’alcool -http://www.legifrance.gouv.fr/affic...
© Marie Varandat – Uni-éditions – janvier 2012


