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Le blog des associations / FINANCES

Une sélection d’actualités générales, financières et sociales utiles pour votre association

Régler des difficultés de trésorerie

22 juin
FINANCES

Juin 2011

Nombreuses sont les associations qui rencontrent des difficultés de trésorerie. Elles naissent du décalage entre le lancement des activités et le versement des subventions correspondantes, les évolutions permanentes des politiques publiques, les aides, et peuvent se terminer par une mauvaise gestion. Pourtant, ces difficultés coûtent cher et peuvent entraîner la cessation des activités. Comment les prévenir, et de quelle façon les surmonter ?

Des outils de gestion en amont

Même si toutes les associations n’y sont pas contraintes, tenir une comptabilité reste incontournable. C’est même la première démarche à entreprendre pour éviter les risques financiers. Deux outils sont ici essentiels : le budget prévisionnel et le plan de trésorerie.

Le premier répertorie l’ensemble des charges et des recettes envisagées pour l’année, et permet de vérifier que l’exercice prévisionnel est bien à l’équilibre. Impératif pour toute demande de subvention, il doit être consulté également tout au long de l’année pour s’assurer que les charges n’ont pas été sous-estimées et les recettes surestimées. Dans le cas contraire, des ajustements seront nécessaires pour éviter le déficit ou l’utilisation des fonds propres. Le plan de trésorerie est un tableau où figurent, mois par mois, les sorties (factures, salaires, charges…) et les entrées prévues (cotisations, subventions, recettes d’activité…). Tenu régulièrement, ce plan permet d’anticiper les retards d’encaissements. C’est un élément indispensable dans toute démarche de négociation auprès du banquier.

En aval, la négociation

Malgré toutes ces précautions, la situation financière d’une association peut en arriver à se dégrader. Un plan de trésorerie prévisionnel doit alors être réalisé selon deux points de vue : optimiste et pessimiste. C’est sur la base de ce prévisionnel que des solutions pourront être envisagées avec son banquier et/ou ses partenaires. C’est aussi un moyen de déterminer si l’association est en situation de cessation de paiements (impossibilité de payer ses dettes à la date d’exigibilité) et d’obtenir un report de ses créanciers. Egalement, si elle le sera dans les 45 jours à venir. Dans ce cas, elle doit le déclarer au tribunal de grande instance dont elle dépend.

Pour cela, il est important de répertorier toutes les solutions dont l’association dispose (entrée anticipée de recettes, limitation de dépenses, apport en fonds propres…). L’association peut convoquer alors ses différents partenaires (bailleurs et collectivités, réseaux, administrateurs, cadres et représentants du personnel, expert-comptable, banquiers…) et imaginer avec eux une sortie de crise. Par exemple, elle peut négocier un délai avec ses fournisseurs, lesquels préféreront sans doute un retard de paiement à un impayé, et demander un moratoire (demande de report de la part patronale de 3 à 6 mois) avec les organismes sociaux et fiscaux.

Des solutions de financement

Il existe diverses solutions à court terme : la facilité de caisse (autorisation ponctuelle non formalisée), le découvert bancaire (autorisé par la banque), des crédits à court terme sans demande de garantie, l’avance relais sur subvention (le dispositif Dailly est un crédit à court terme qui nécessite une notification de subvention et une garantie). Des financements à moyen terme peuvent également être mobilisés, comme le prêt en fonds de roulement. Il permet de renforcer la structure financière de l’association et de parer aux insuffisances de trésorerie. Des organismes spécialisés peuvent, eux aussi, apporter leur garantie.

Pour aller plus loin : le portail du CNAR (Centre National d’Animation et de Ressources Financement) www.solfia.org.


© Uni-éditions – septembre 2010