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Quelles perspectives pour les marchés? L’avis de Vincent Manuel, directeur général de CA indosuez gestion.

22/01/2019 - 4 min de lecture

#Décryptage #Diversification du patrimoine

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Quelles perspectives pour les marchés? L’avis de Vincent Manuel, directeur général de CA indosuez gestion.

2018 a été une année de ruptures de dynamiques qui aura déjoué la plupart des pronostics et qui s’inscrit comme la pire sur les marchés depuis la crise de la zone euro en 2011. Au final, aucune classe d’actifs ne peut se prévaloir de performances significativement positives, configuration rare historiquement. La logique de diversification dans les portefeuilles n’a pas pu tenir son rôle d’amortisseur, les obligations privées terminant également en territoire négatif. La valorisation des actions, qui avait probablement atteint des niveaux excessifs outre-Atlantique, tend désormais à se normaliser dans un environnement marqué par le retour de la volatilité. La poursuite de ce rééquilibrage des risques, sur fond d’incertitudes quant à l’ampleur du ralentissement macroéconomique, aux effets de la réduction des liquidités par les Banques centrales et à l’évolution du conflit commercial sino-américain, incitera à une prudence mesurée dans la constitution des allocations en 2019, sans excès de pessimisme et avec une prédilection pour la qualité et la visibilité.

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Nous pouvons résumer les changements opérés en 2018 en trois mots : décélération, divergence, désillusion. L'année ne s'est pas du tout passée comme l'anticipaient les économistes et investisseurs. Elle était vue à l’origine comme le prolongement de 2017, avec une accélération de la croissance et une convergence très positive pour tous les marchés. Très rapidement, l’euphorie de janvier a laissé la place à de nouvelles tendances en rupture avec 2017 : décélération de la croissance en zone euro, normalisation plus rapide qu'anticipé des taux US, divergence croissante des politiques monétaires, montée des tensions protectionnistes et hausse du dollar qui ont pénalisé les pays émergents à partir du printemps. Ces évolutions, et notamment celle du dollar, ont pris par surprise les investisseurs qui sont restés investis toute l'année et ont ajusté brutalement leurs positions au 4e trimestre. Face à la multiplication des incertitudes, nous avons constaté un retour marqué de la volatilité. La politique a aussi été source de désillusions avec un environnement plus complexe en France succédant à l’optimisme né des élections de 2017, une montée des incertitudes sur le Brexit et un scenario politique inattendu en Italie.

DANS CE CONTEXTE, À QUOI POUVONS-NOUS NOUS ATTENDRE EN 2019 ?

La croissance mondiale ralentit mais nous n’anticipons pas de récession globale en 2019, où elle devrait se maintenir au-dessus de 3%. Nous attendons néanmoins un ralentissement plus prononcé qu'estimé par le consensus dont les prévisions semblent encore un peu trop optimistes.

Après le pic du 2e trimestre 2018, les Etats-Unis devraient tendre vers leur croissance potentielle (autour de 2%). La probabilité d’une récession à horizon 2019/2020 (soit deux trimestres consécutifs de croissance négative conduisant de facto à la fin du cycle) a augmenté de manière non négligeable ces dernières semaines dans les modèles de certains économistes, ce qui n’est pas validé par les indicateurs d’activité, qui consolident mais restent en zone d’expansion. Leur inflexion baissière pourrait inciter la Fed à ralentir le rythme de hausse des taux : les marchés obligataires s’attendent à une hausse de taux, à peine, en 2019 contre trois intégrées dans les prévisions et le discours de la Fed cet automne. La croissance bénéficiaire des sociétés pourrait s’avérer moins dynamique (plutôt proche de 5%) mais cela semble d’ores et déjà pris en compte dans la baisse des marchés.

En Europe, les indicateurs d’activité ne donnent pas encore de signes tangibles de stabilisation. Les attentes de bénéfices des sociétés pour 2019 devraient continuer d’être révisées à la baisse et la sphère politique, de provoquer une importante volatilité entre les différentes échéances des prochains mois : vote du Brexit, enjeux sociaux en France, issue des élections européennes, devenir de la coalition en Italie et succession de Mario Draghi à la tête de la BCE.

En ce qui concerne les marchés émergents, les données récentes montrent une poursuite du ralentissement en Chine mais les mesures de soutien devraient porter leurs fruits. En Inde, la croissance reste solide et la baisse du pétrole permet de contenir l’inflation, ce qui redonne confiance aux investisseurs dans la politique monétaire du pays et sa devise. 2019 pourrait être une année de rebond pour les actifs émergents, qui offrent des valorisations attractives, de meilleures perspectives de croissance, et qui sont susceptibles de bénéficier d’une inversion du dollar durant l’année ainsi que d’un apaisement des tensions protectionnistes et des mesures de soutien en Chine.

Pour 2019, nous pouvons anticiper un environnement de marché toujours volatil et complexe sans entrevoir une répétition d’un scenario de type 2008/2009. In fine, ce sont les décisions de politiques monétaires, budgétaires et commerciales qui détermineront l’issue de cette fin de cycle entre ralentissement probable et risque - plus faible - de récession.

QUELLES POURRONT ÊTRE LES THÉMATIQUES D’INVESTISSEMENT À PRIVILÉGIER ?

Nous privilégions dans ce contexte un positionnement plus stratégique que tactique, avec des expositions plus modérées et plus diversifiées aux actions qu’en 2018, mais sans prudence excessive compte tenu des niveaux de valorisation atteints fin décembre.

En termes de style, nous recommandons une réduction des expositions aux valeurs cycliques en Europe malgré l’ampleur de la correction, les investisseurs continuant à privilégier la qualité et la visibilité (le risque étant qu’une appréciation de l’euro vienne fragiliser les sociétés exportatrices). Nous considérons qu’il convient de rester exposés aux tendances séculaires (environnement, révolution digitale, changements sociétaux) et conservons une vue à long terme sur les émergents. Enfin, la correction sur certains actifs obligataires (crédit Euro, dette émergente) pourrait offrir prochainement des points d’entrée intéressants.

 

©Magazine Regards partagés Crédit Agricole Banque Privée - agencedps.com - Janvier 2019

Article à caractère informatif et publicitaire.