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La dépendance : un défi financier et un enjeu de société

06 aoû
La dépendance : un défi financier et un enjeu de société
Epargne

Août 2014

À l’horizon 2060, sous l’effet d’un allongement continu de l’espérance de vie, un tiers de la population française aura plus de 60 ans. Toutefois vont se poser de nombreux défis pour permettre ce vieillissement dans les meilleures conditions possibles, tant pour les personnes concernées que pour leur entourage.

Le principal enjeu est celui du financement. En 2011, les dépenses publiques de prise en charge liées à la perte d’autonomie s’élevaient à 21,1 milliards d’euros, selon le ministère de la Santé. « Ces charges vont augmenter du fait de l’accroissement du nombre de personnes dépendantes, c’est-à-dire de personnes âgées dans l’incapacité d’accomplir seules des actes essentiels de la vie quotidienne et qui bénéficient de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), principale aide face à la dépendance », indique Bernard Monsigny, ingénieur conseil au Pôle des Etudes économiques groupe de Crédit Agricole S.A. Aujourd’hui, on en dénombre 1,2 million et elles pourraient être 2,6 millions en 2060, estime le ministère de la Santé. Les pouvoirs publics devront donc consentir un effort supplémentaire puisqu’en 2060 ces dépenses pourraient représenter l’équivalent de 45 milliards d’euros actuels.

L’aide publique reste pour autant insuffisante. La dépendance entraine, pour les personnes âgées ou les aidants, un « reste à charge » important. Ce dernier varie en fonction des aides perçues, du niveau de revenu mensuel, du degré de dépendance et des soins associés et du type d’hébergement (domicile ou institution spécialisée). Ainsi, le projet de loi à l’adaptation au vieillissement de la société - financé par la Cotisation additionnelle de solidarité pour l’autonomie - vise à réduire ce « reste à charge » en revalorisant l’APA, en baissant le ticket modérateur et en reconnaissant financièrement le rôle des aidants.

Mais l’aspect financier ne doit pas être la seule réponse. Il s’agit aussi de repenser le cadre de vie. Le projet de loi propose, entre autres, d’adapter les habitations, de rénover les foyers d’hébergement et de créer un « volontariat civique senior ». Par ailleurs, « la proportion accrue de seniors peut servir de levier à des pans entiers de l’économie et permettre la création d’une industrie dédiée et exportatrice tant à destination des autres pays membres de l’Union Européenne que des Etats Unis et du Japon », assure Bernard Monsigny. Cette filière porte un nom : la « silver économie ». « Entre les services à la personne, la e-santé, la domotique ou encore les loisirs, c’est tout un marché de spécialités à développer. », conclue-t-il.

La Commission « Innovation 2030 », mise en place par le Gouvernement, a identifié la « silver économie » comme l’un des 7 axes de développement industriel porteur pour la France.

(1) http://vosdroits.service-public.fr/particuliers/F1229.xhtml