Retour au site Crédit Agricole

Regards
partagés

Le magazine de la Banque Privée du Crédit Agricole

Retraite, des sources de revenus complémentaires

07 déc
Retraite, des sources de revenus complémentaires
Epargne

Décembre 2015

Face au problème de financement du régime général des retraites, les Français ont de plus en plus conscience qu’ils devront se constituer une épargne individuelle pour vivre sereinement cette étape de la vie.

Les effets conjugués de la crise économique (se traduisant par moins de recettes), l’allongement de l’espérance de vie et le vieillissement de la population pèsent sur le régime général des retraites qui, selon le Conseil d’Orientation des Retraites, ne sera pas à l’équilibre avant 2030. Les Français doivent donc diversifier et trouver des sources de revenus complémentaires, notamment pour compenser la baisse tendancielle du taux de remplacement net. Cela nécessite un effort d’épargne pendant la vie active et de s’y prendre le plus tôt possible.

À côté des solutions dédiées comme, entre autres, le Perp (plan épargne retraite populaire) ouvert à tous, et le contrat Madelin réservé aux travailleurs non-salariés, les épargnants disposent d’autres sources de revenus complémentaires. Parmi elles, l’immobilier tient une place de choix dans les placements des Français puisqu’il représente deux tiers de leur patrimoine. “Un investissement qui peut se réaliser en direct par l’acquisition d’un bien qui pourra être loué ce qui vous assurera des revenus complémentaires indexés sur le coût de la vie”, indique Cécilia Larrivière, Responsable ingénierie patrimoniale de Crédit Agricole S.A. Avec, à la clé, la possibilité d’opter pour un des régimes en faveur de l’investissement locatif si vous êtes fortement imposé. La pierre papier, ou épargne immobilière, représente aussi une solution à travers les SCPI (société civile de placement immobilier). Au même titre que l’investissement locatif, l’objectif est ici la recherche de rendement grâce à la diversité des biens acquis, des zones géographiques, des types de locataires qui permet une mutualisation des risques et des profits. Avec près de 1 600 milliards d’euros d’encours, l’assurance vie est le placement privilégié des Français pour se constituer un complément de revenu une fois à la retraite. “Cette enveloppe offre une large palette d’unités de compte (UC),
une souplesse des modes de rachats et une fiscalité avantageuse qui en font un outil très apprécié des épargnants”, rappelle Cécilia Larrivière. En effet, l’assurance vie offre la possibilité d’effectuer des rachats programmés ou ponctuels du montant de votre choix tout en continuant de générer des intérêts sur le capital non retiré.
Mais la baisse des taux d’intérêt entraîne mécaniquement celle du rendement du fonds en euros (2,5% en moyenne en 2014, source FFSA). Dès lors, “il est utile de panacher ses placements entre fonds en euros et UC afin de générer davantage de rendement”, conseille Cécilia Larrivière. Cela implique de bien sélectionner ces UC en fonction de son profil de risque et de son horizon de placement. Une dernière solution peut aussi consister à vendre en viager sa résidence principale afin de rendre liquide la valeur de son habitation si les revenus viennent à manquer.

Avec le départ à la retraite vient aussi le temps de récupérer l’argent placé pour financer ses vieux jours. Pour Cécilia Larrivière, “tout l’enjeu est d’optimiser les conditions de retrait en trouvant le bon équilibre entre rente viagère et capital disponible.”
La rente viagère consiste à percevoir de la part d’un assureur, et à date fixe, un revenu revalorisé au fil des ans jusqu’au décès du crédirentier ou de celui de son conjoint si l’option de réversion a été retenue. En contrepartie, le capital est aliéné, ce qui exclut toute transmission. L’épargne est l’entière propriété de l’assureur. Avec une sortie en capital, l’épargne reste disponible et transmissible. La question est de savoir si elle sera suffisante pour profiter pleinement de sa retraite.
La bonne option consiste à mixer les deux. “Il peut être judicieux, au début de la retraite, de piocher dans son capital les liquidités pour maintenir son niveau de vie puis de convertir le capital résiduel en rente afin de se garantir un revenu supplémentaire jusqu’à la fin de ses jours”, propose Cécilia Larrivière.

Quelle que soit la solution retenue, la fiscalité doit aussi être considérée. Pour les sorties en capital, mieux vaut privilégier l’assurance vie et le PEA qui peuvent permettre de réaliser des retraits sans impôt sur le revenu (IR). Quant à la rente à titre onéreux, elle est soumise à l’IR et aux prélèvements sociaux (pour le PEA, seuls ces derniers sont dus), mais seulement sur une fraction de leur montant, soit 40% de sa valeur pour un crédirentier âgé entre 60 et 69 ans, et 30% à partir de 70 ans.

Si les solutions visant à procurer des revenus complémentaires sont variées, il est important de les intégrer à une stratégie patrimoniale dès que possible.

DES MESURES POUR DYNAMISER LE PERCO

La loi pour “la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques”, dite loi Macron, introduit quelques nouveautés en matière de plan d’épargne retraite collectif (Perco). L’objectif : en favoriser la diffusion dans
les entreprises, notamment les ETI et PME, et mieux orienter l’épargne placée sur le Perco vers le financement de l’économie.

Ainsi, le forfait social à la charge de l’employeur est abaissé à 16% si : les sommes versées sur un Perco font, par défaut, l’objet d’une gestion pilotée, c’est-à-dire permettant de réduire progressivement les risques financiers à mesure que se rapproche la date de départ à la retraite ; au minimum 7% de ces fonds sont investis dans des titres de PME ou ETI éligibles au PEA-PME.

En l’absence de choix exprimé par le salarié, les versements réalisés à compter du 1er janvier 2016 seront affectés automatiquement vers une gestion pilotée. Cela permettra un rendement optimisé de l’épargne avec une prise de risque décroissante à mesure que le salarié approche de la retraite. Car les Perco sont encore trop investis en produits de trésorerie de court terme.

Une allocation d’actifs contradictoire avec l’horizon de placement, par définition, long et qui ne rapporte presque rien aujourd’hui.

En gestion pilotée, l’épargnant bénéficiera d’une gestion sécurisée en captant la performance des actifs risqués, comme les actions, sur long terme puis en basculant sur des supports plus sûrs (monétaires, obligataires) avant l’échéance.


Cécilia Larrivière
Responsable ingénierie patrimoniale
Crédit Agricole S.A.