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Des opportunités sur les marchés émergents

07 sep
Des opportunités sur les marchés émergents
Investissement

il y a 3 mois

Ces dernières années, ils ont déçu. Jean-Louis Martin, chargé de mission au sein de la Direction des Études Économiques au Crédit Agricole, nous explique pourquoi et recommande une approche diversifiée.

C’est un fait, le différentiel de croissance entre pays émergents et développés s’est réduit. "De 6% entre 2006 et 2009, il est tombé à 2% en 2015 sous l’effet de la baisse des matières premières et du ralentissement chinois" , constate Jean-Louis Martin.

Moins de croissance signifie moins de profits pour les entreprises, ce qui pèse sur les marchés financiers.

S’ajoute une chute des devises émergentes, aggravée par le retour à des déficits courants.

Mais aussi une révision à la baisse sur les perspectives économiques des émergents, qui s’est traduite par une montée de l’aversion au risque de la part des investisseurs qui ont retiré des capitaux de ces marchés.

Cependant, "l’écart de croissance va à nouveau s’élargir pour atteindre environ 3% à l’horizon 2017-2018" , estime Jean-Louis Martin. Sur le long terme, il faut continuer de croire au rattrapage. Il y a des opportunités de croissance dans certains secteurs, comme les biens de consommation, de progrès de productivité et de modernisation des secteurs industriels. De même, l’émergence d’une classe moyenne offre un potentiel de croissance important.
À court terme, l’économiste anticipe un atterrissage en douceur de l’économie chinoise et une sortie de récession de la Russie. Mais également une lente remontée des prix pétroliers et des matières premières, pour peu que la croissance mondiale ne ralentisse pas davantage. Tout cela favorise le retour des investisseurs sur ces marchés.

Mais l’univers des émergents n’est pas homogène. Une approche diversifiée s’impose. "Nous privilégions les pays qui montrent une capacité à s’adapter en mettant en place des réformes comme l’Indonésie ou le Mexique, ou qui ont fait preuve de résilience pendant la crise comme le Vietnam ou le Maroc", indique Jean-Louis Martin. À l’inverse, il y a davantage de réticence envers les pays qui ont peu réagi, comme l’Afrique du sud ou plus encore le Venezuela. Et une prudence à court terme sur le Brésil tant qu’il n’est pas sorti de sa crise politique. Quant à la Chine, les marchés domestiques sont encore trop opaques et volatils.

En termes de classes d’actifs, "la dette souveraine émise en dollars est attractive avec, par exemple, un rendement de 6,25% sur l’emprunt d’État argentin à trois ans, alors que son homologue français présente un rendement négatif", déclare Jean-Louis Martin.

Enfin, si les actions émergentes présentent pour certaines d’entre elles une décote, il est important d’être sélectif dans ses choix. Et afin de diversifier et mutualiser les risques, il est conseillé d’investir au travers des fonds.