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Financer le 7ème art grâce aux Sofica

20 mar
Financer le 7ème art grâce aux Sofica
Investissement

il y a 3 mois

Les Sofica sont à la fois des outils de politique culturelle et des sources de financement du cinéma et de la production TV.

Le cinéma français se porte bien. « Avec 209,2 millions d’entrées enregistrées dans les salles obscures en 2017, il a réalisé sa troisième meilleure année de fréquentation depuis 50 ans », indique le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC). Un bon cru qui profite aux films français dont la part de marché est en progression à 37,4 % (35,8 % en 2016). Il est vrai que les Français aiment le 7ème art. D’ailleurs, n’est-ce pas deux Français - les frères Lumière - qui l’ont inventé en 1895 ? Il fait donc partie de notre patrimoine culturel.

Pour le promouvoir, ainsi que les oeuvres audiovisuelles (documentaires, séries fiction et animation…), les autorités ont créé en 1985 les Sociétés de financement de l’industrie cinématographique et de l’audiovisuel (Sofica). « Avec 1,6 milliard d’euros investis, soit plus de 2 000 films financés, les Sofica sont un soutien indispensable à ce secteur depuis plus de 30 ans », déclare Danielle Kadeyan, Présidente de l’Association de Représentation des Sofica et des Sofica SOFITVCINE. Une filière qui pèse près de 1 % du PIB et qui est comparable à l’industrie automobile en termes d’emploi et de valeur ajoutée. « C’est un écosystème important qui joue le rôle d’accélérateur dans certains territoires, indique Danielle Kadeyan. Il est estimé que chaque euro investi par les collectivités locales sur un film, une fiction ou un documentaire génère environ 6,6 euros de retombées directes et 1 euro de tourisme, soit au total 7,6 euros. »

Pour collecter des fonds, les Sofica doivent respecter une charte avant l’obtention de l’agrément délivré par les autorités de tutelle, à savoir l’Autorité des marchés financiers, le CNC et la Direction Générale des Finances Publiques. L’épargne collectée chaque année - 63,07 millions d’euros en 2017 - par les Sofica auprès des particuliers est « fléchée exclusivement vers le financement de la production cinématographique et audiovisuelle française », explique Danielle Kadeyan. Elle est ensuite investie en amont dans le développement de projets (financer le script, le casting, trouver un distributeur…). « Cet investissement est déconnecté du succès commercial de l’œuvre car récupéré par la Sofica soit à la mise en production, soit au premier ou dernier jour de tournage », précise Danielle Kadeyan. L’étape suivante consiste à monter un tour de table pour financer la production. La Sofica doit identifier les projets qui auront une adéquation attractive entre le montant financé et les droits à recettes qui peuvent être anticipés. Ici le risque existe car lié au succès commercial de l’œuvre tant en France qu’à l’export. Enfin, certaines Sofica proposent un adossement à des producteurs de premier plan ce qui permet de sécuriser une partie de la revente des droits aux recettes associées.

En contrepartie de l’achat de parts de Sofica, vous bénéficiez d’une réduction d’impôt sur le revenu de 48 % dans la double limite de 18 000 euros et de 25 % du revenu net global. Soit un gain maximal de 8 640 euros, soumis au plafond des niches fiscales de 18 000 euros. Pour cela, la Sofica doit investir 10 % des fonds collectés dans des sociétés de réalisation destinées à financer les développements de projets, et mobiliser aussi une part équivalente pour développer des séries audiovisuelles ou investir dans un film en contrepartie de recettes, uniquement à l’export. Ce dispositif a été prolongé jusqu’en 2020, sous réserve de garder les parts au moins 5 ans.

A cette échéance, la Sofica redistribue les revenus générés par les recettes d’exploitation perçues sur l’ensemble des supports (places en salle, DVD, VoD, vente TV, à l’export…). Le risque de perte en capital n’est donc pas exclu. D’où l’importance, pour une Sofica, de diversifier ses actifs sur plusieurs projets et différents supports de recettes. Les Sofica sont en fait un outil de politique culturelle car en contrepartie de la défiscalisation, elles permettent de faire émerger les nouveaux talents via l’investissement en faveur de la production indépendante, de la diversité, d’un cinéma à budget modeste (moins de 8 millions par film), et grâce aux quotas pour ces films comme pour les premiers et seconds films. Ainsi, « en investissant dans une Sofica, vous combinez passion pour le cinéma et diversification de votre patrimoine dans un secteur décorrélé des marchés financiers, tout en optimisant sa fiscalité », indique Danielle Kadeyan.

Visuel : Mélanie Thierry & Emmanuel Finkiel (tournage du film “La douleur” - 2017)