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Une initiative pour aider la création d’entreprise

04 déc
Une initiative pour aider la création d'entreprise
Investissement

Décembre 2014

Louis Schweitzer, Président d’Initiative France, présente le premier réseau associatif de financement des créateurs d’entreprise. Basée sur un modèle original combinant appui financier et accompagnement, l’association est enracinée localement et participe ainsi au développement économique des territoires.

Quelle est la vocation d’Initiative France ?

Initiative France a pour mission d’aider à la création ou la reprise d’entreprise qui, aujourd’hui, est pour le créateur et le repreneur un moyen de construire son avenir mais aussi celui de la société. Elle regroupe 230 associations loi de 1901, appelées des plateformes. Leur force est d’être enracinées localement, de couvrir l’ensemble du territoire français, de fédérer autour d’elles des acteurs publics et privés et de s’appuyer sur une équipe de permanents et de bénévoles professionnels au service des entrepreneurs.

Comment se caractérise cette aide ?

Le créateur ou repreneur d’entreprise nous sollicite soit parce qu’il connaît l’association, soit parce qu’il a été orienté par une banque, une chambre de commerce et d’industrie. La plateforme l’aide à construire son projet (plan de financement, de trésorerie, définition du périmètre de l’activité...). Ce projet est ensuite soumis à un comité d’agrément composé d’experts bénévoles (banquiers, chefs d’entreprises, experts comptables, notaires...) qui estime sa viabilité ainsi que la capacité du candidat à le mener à bien. S’il est retenu, un prêt d’honneur à la personne, sans intérêt ni garantie d’une durée maximale de cinq ans, est octroyé. Il permet le renforcement des fonds propres et facilite l’obtention d’un financement bancaire complémentaire, équivalent en moyenne à huit fois le montant du prêt d’honneur.

Y a-t-il d’autres soutiens ?

Dès l’origine, en 1995, les fondateurs de l’association ont défini un modèle qui repose sur un diptyque : un appui financier et un accompagnement, les deux étant indissociables. Pour leur donner toutes les chances de réussite financière, nous accompagnons les entrepreneurs jusqu’au remboursement de leur prêt d’honneur et pendant leurs premières années. C’est un appui et en aucun cas une restriction de la liberté du chef d’entreprise.

Quelle forme prend cet accompagnement ?

Trois modes d’accompagnement sont proposés. Le premier est accordé à tous les chefs d’entreprise et assuré par les plateformes afin de les aider à prendre leur envol et de s’assurer de la bonne marche de l’entreprise. Le deuxième se fait sous forme de parrainage pour ceux qui le souhaitent. Le parrain connaît bien le monde de l’entreprise et le tissu économique local. Il partage son expérience, donne accès à son réseau et apporte son soutien moral. Ce point est essentiel car le chef d’entreprise est souvent seul et a besoin d’être écouté, de se confier. Enfin, toujours pour rompre l’isolement, des "Clubs de créateurs" ont été mis en place. Ces derniers réunissent des entrepreneurs et permettent de garder le lien avec la plateforme qui les a soutenus.

Quelles entreprises soutient l’association ?

La stratégie nationale est de soutenir toutes les entreprises, tous secteurs confondus. Mais à la création, ce sont principalement des TPE (très petites entreprises) composées en moyenne de deux à trois personnes.
Nous voulons aussi aider la première croissance des entreprises. Quand le projet est bon, le potentiel de croissance est souvent très rapide. Mais le créateur n’a pas encore d’histoire, de fonds propres et les banques hésitent à accorder un prêt.

Comment est financée l’action d’Initiative France ?

Il faut préciser que tout ce que l’association apporte aux créateurs ou repreneurs d’entreprise est gratuit.
Le fonds de prêts est alimenté pour plus de 50% par les collectivités locales. La Caisse des dépôts, des fonds structurels européens et les acteurs privés (banques et entreprises non financières) y participent aussi. Ce fonds de prêts, de 331 millions d’euros en 2013, se reconstitue au fur et à mesure des remboursements. Cela permet de financer d’autres porteurs de projets. Fin 2013, le taux de remboursement était de 98,1%.
En revanche, le budget d’accompagnement est une contrainte annuelle et représente un frein à notre développement. Pour assurer l’accompagnement des entrepreneurs, avant et surtout après la création, les plateformes ont besoin de budgets spécifiques permettant de rémunérer les permanents et de régler les charges de fonctionnement. De l’ordre de 50 millions d’euros, il est financé en majorité par les collectivités locales, ce qui est un sujet de fierté mais aussi de préoccupation. Car certaines risquent de perdre leur droit d’intervention économique. En outre, les régions, qui deviendront les acteurs économiques majeurs, connaissent moins les TPE car moins présentes localement ; les communes et leurs communautés sont inégalement dotées et leurs ressources décroissent. Cet enracinement local, qui fait notre force, est aussi une fragilité financière. Il est donc nécessaire de développer les financements privés avec les banques et les entreprises.

L’association est-elle habilitée à recevoir des dons ?

Du fait de sa reconnaissance d’utilité publique le 22 juin 2012, Initiative France est habilitée à recevoir des dons et des legs de la part des particuliers comme des entreprises.

Quels sont jusqu’à présent les montants moyens des dons ?

Pour Initiative France, sur la base des deux premières collectes au titre de l’ISF, le montant moyen est de 3 300 euros, avec une fourchette comprise entre 300 euros et 15 000 euros.

Et les dons des entreprises ?

Ils sont versés aux plateformes agréées et peuvent s’inscrire dans le dispositif d’incitation fiscale. Les versements ouvrent alors droit à une réduction d’impôt égale à 60% de leur don dans la limite de 5 pour mille du chiffre d’affaires.

Chiffres clés en 2013

230 plateformes locales dans toute la France et 22 coordinations régionales
884 salariés et 15 250 bénévoles dont 4 520 parrains
16 565 entreprises et 39 538 emplois créés ou maintenus
62% des créateurs étaient sans emploi
8 500 euros : montant moyen du prêt d’honneur
176 millions d’euros de prêts d’honneur accordés

Quelles sont les motivations des donateurs ?

Au-delà des avantages fiscaux, elles sont communes à celles de nos bénévoles. Ils partagent les valeurs de l’initiative entrepreneuriale : utilité sociale, accomplissement de soi par la création d’entreprise. Ils savent aussi que leur soutien financier sera efficace, en témoigne la réussite des projets aidés avec 87% de taux de pérennité à trois ans. Enfin, les donateurs apprécient de pouvoir affecter leur contribution au département ou le territoire de leur choix.

Vous avez dirigé une grande entreprise. Qu’est-ce qui vous a attiré dans Initiative France ?

D’une part, je suis convaincu de l’utilité sociale et économique de l’association. D’autre part, mes rencontres avec les salariés, les bénévoles et les parrains des plateformes m’ont donné envi de travailler pour et avec eux. Par ailleurs, rencontrer des créateurs ou repreneurs d’entreprise est passionnant. Ce sont des personnes, des histoires remarquables. Et quand la réussite est au rendez-vous, c’est une réelle joie.
Enfin, quand je dirigeais Renault, nous aidions les ouvriers à se reconvertir en agent Renault. C’est-à-dire à créer une agence qui est une TPE. J’avais donc déjà cette expérience. C’est aussi une manière de rendre, de donner aux autres.



Louis SCHWEITZER
Président d’Initiative France







Don et réduction d’impôt

Soutenir la création d’entreprise, la recherche médicale, les envies d’aider ne manquent pas et les sollicitations non plus. Les pouvoirs publics soutiennent eux-mêmes cette solidarité puisque les dons peuvent ouvrir droit à une réduction d’impôt.

Versé à une œuvre d’intérêt général ou à une plateforme du réseau Initiative France, le don fait baisser directement l’impôt sur le revenu à hauteur de 66% de son montant, et dans la limite de 20% du revenu imposable. L’excédent du don non pris en compte peut être reporté sur les cinq années suivantes.
Pour les redevables de l’ISF, ils peuvent donner à une structure reconnue d’utilité publique comme l’association nationale Initiative France. La réduction porte sur 75% des montants donnés, limitée à 50 000 euros. Cette disposition est cumulable avec une réduction d’impôt relatif à l’investissement dans une PME.

Le cumul, une même année, du don à une structure reconnue d’utilité publique et du versement au titre de la réduction ISF-PME ne peut excéder 66 000 euros. La réduction fiscale sera dans ce cas possible jusqu’à 45 000 euros.
Les dons faits dans le cadre de l’ISF à Initiative France peuvent être orientés sur une plateforme locale et le donateur décide ainsi de soutenir la création d’entreprises sur le territoire de son choix. Ces incitations fiscales permettent au contribuable de flécher son impôt en choisissant la cause à laquelle sa participation citoyenne sera affectée.