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Les jeux vidéo redent-ils les utilisateurs « addicts » ?

27 avr
SANTE

Avril 2012

Fréquemment pointés du doigt comme source d’addiction, d’obésité, d’isolement social ou encore cause d’attitude agressives, les jeux vidéo pourraient aussi avoir des effets bénéfiques si l’on en croit diverses études sur le sujet.

20 ans d’études contradictoires

Le jeu vidéo n’a pas bonne presse, notamment auprès des parents d’adolescents, premières « victimes » d’un phénomène de société qui n’a pas cessé de prendre de l’ampleur ces 20 dernières années. En 2002 déjà, un sondage Sofres estimait que 80 % des enfants âgés de 8 à 14 ans pratiquaient les jeux multimédias. Très tôt, les psychologues se sont penchés sur le phénomène sans jamais parvenir à un accord. Surtout depuis la naissance des MMORPG (Massively Multiplayer Online Role Playing Games), jeux permettant à un grand nombre de personnes d’interagir dans un monde virtuel où les rapports sociaux entre joueurs sont particulièrement forts.
Rien d’étonnant dès lors, qu’après avoir compilé une série de recherches universitaires, le Wall Street Journal soit arrivé à la conclusion que le jeu vidéo peut contribuer au développement de la créativité, à l’accélération de la prise de décision et, plus spécifiquement, au renforcement des connexions cérébrales « tout comme l’exercice physique développe les muscles ». En d’autres termes, tout et son contraire a été dit sur le jeu vidéo. D’abord très négatives, les études ont tendance ces dernières années à lui reconnaître certaines qualités. Certains psychologues et psychanalystes leur reconnaissent même des bénéfices thérapeutiques, tel François Lespinasse qui les a utilisés dès 1995 à l’hôpital de jour de Bordeaux pour créer du lien et socialiser l’enfant replié. Alors que d’autres structures médicales ouvraient des services pour « soigner » les « personnes sous emprise des jeux vidéo »…

A consommer avec modération

La problématique est souvent ramenée à la violence qui caractérise certains jeux. Jugés abrutissants, ils constituent un véritable facteur de risque de violence chez les adeptes, selon les conclusions d’une récente étude du laboratoire universitaire de psychologie de l’UPMF (Université Pierre Mendes France) de Grenoble qui reconnaît toutefois que les effets ne sont pas forcément spectaculaires. Il apparaît que les risques d’addiction au jeu vidéo sont faibles et circonscrits, bien que présents et par conséquent non négligeables, selon la plupart des études. Il appartient donc aux parents de surveiller cette activité car, comme le soulignaient les psychiatres Marc Valleur et Jean-Claude Matysiak dans un ouvrage consacré aux nouvelles addictions publié en 2004, si l’enfant « sombre » dans le jeu, c’est peut être que le problème est ailleurs : « nous n’avons pas connaissance de dépendance ou d’addiction aux jeux vidéo parmi les enfants, mais certains abus, certaines pratiques frénétiques peuvent témoigner d’un dysfonctionnement au sein du cercle familial. »

Plus d’info

« Les jeux vidéo : pratiques, contenus et enjeux sociaux », ouvrage de 2006, publié aux éditions L’Harmattan. Journal of Experimental Social Psychology, revue scientifique de renommée internationale, (http://www.journals.elsevier.com/journal-of-experimental-social-psychology/) où sont publiées de nombreuses études sur le sujet dont celle de l’UPMF de Grenoble (en anglais).


© Uni-éditions – Marie Varandat - avril 2012