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Dynamiser les aires de covoiturage

21 oct
Dynamiser les aires de covoiturage
Général

Octobre 2015

Une étude sur le covoiturage de courte distance réalisée par l’Ademe s’intéresse aux aires de covoiturage mises à disposition des conducteurs par les collectivités locales. Leur usage, qui mérite d’être dynamisé, apparaît assez rationnel mais varie selon les contextes géographiques.

Les déplacements quotidiens pour aller travailler, étudier, faire ses courses ou des démarches, ou bien pour se rendre sur des lieux de loisirs représentent 98 % des déplacements. Mais le recours au covoiturage de proximité reste peu utilisé, alors qu’il est plébiscité sur de longues distances. Pour lever des freins et le dynamiser dans le cadre des mobilités locales, dans une étude nationale sur le covoiturage de courte distance, l’Agence de l‘environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) a cherché à comprendre comment les aires de covoiturage sont utilisées. Confiée au cabinet Indiggo, l’enquête a été conduite fin 2014 avec la communauté d’agglomération Porte de l’Isère, la Communauté urbaine de Dunkerque-Grand Littoral et quatre départements (Bas-Rhin, Charente-Maritime, Loire-Atlantique et Pyrénées Atlantiques).

55 kilomètres en moyenne

Ce sont ainsi 500 utilisateurs des aires mises en place par les collectivités qui ont précisé leurs usages du covoiturage : il s’agit surtout de déplacements domicile-travail ou domicile-étude (81 % des cas) et de déplacements professionnels (12 %), par exemple pour se rendre à une réunion ou à un colloque.

Les usagers sont assez jeunes (38 ans en moyenne). Parmi eux, les cadres et professions intellectuelles sont largement représentés (39 %) et les hommes sont majoritaires (56 %). Mais ces données varient selon le contexte géographique. 

L’immense majorité des équipages travaillent ou étudient ensemble, ou dans la même ville ou dans la même zone d’activité. Plus rares sont ceux formés sur une plateforme ou entre amis et dans la famille. Le rythme du covoiturage est assez soutenu : 3,5 fois par semaine pour 55 km en moyenne de trajet. Le taux d’occupation des véhicules est proche de trois personnes (2,56) avec de fortes variantes géographiques.

Sécuriser le stationnement des vélos

Le passage par l’aire qui sert de parking relais a lui aussi été scruté : La plupart des covoiturants (85 %) arrivent en voiture et seuls. Les autres y parviennent en covoiturage. Mais rares sont ceux qui arrivent à vélo, à moto ou à pied, encore moins un transport en commun (aucun), alors que près de la moitié des utilisateurs des aires résident à moins de 8 kilomètres et pourraient donc venir à pied, à vélo ou à vélo à assistance électrique si, comme le soulignent les auteurs de l’étude, des aménagements cyclables et piétonniers étaient réalisés et si le stationnement des vélos était sécurisé. Autre information fournie par l’Ademe et qui plaide pour faciliter le développement du covoiturage de proximité et l’aménagement de places de stationnement dédiées : le passage par les aires de covoiturage rallonge les trajets de seulement trois minutes ou de deux kilomètres.
Pour autant, si cet usage contribue à une pratique vertueuse pour l’environnement, il n’est pas exempt de pollution en raison des véhicules utilisés : le diesel, qui occupe 62 % du parc national, est utilisé dans 87 % des covoiturages de courte distance. Une surutilisation qui interroge au moment où il est question de réduire l’usage du diesel en France.


© Martine Merlin – MIG/Uni-éditions – octobre 2015