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Le blog des collectivités / Général

Une sélection d’actualités générales et financières utiles pour votre collectivité

Le numérique au service du développement durable des territoires

09 jan
Général

Janvier 2012

Les technologies numériques permettent d’apporter des solutions innovantes aux services rendus par les collectivités locales. Dans un contexte qui conduit les villes à travailler à la réduction de leur empreinte environnementale et à repenser leur mode de développement urbain, l’intégration du numérique est un atout. Passage en revue de quelques différents usages des technologies numériques au travers d’initiatives locales.

Une meilleure gestion des risques naturels

Pour la ville de Sommières (30), les technologies numériques ont permis d’améliorer l’information et l’alerte en cas de crise. La ville, soumise à de fréquents risques d’inondations par les crues du Vidourle, a mis en place un plan communal de sauvegarde inondation en 2006. Il s’agit de mettre en œuvre de nouveaux dispositifs d’alerte, notamment grâce à Internet. Cela permet à la commune de s’informer et de communiquer sur l’évolution de la situation. Pour la population, une page Internet spécifique est mise en place dès qu’un risque d’inondation est détecté. En parallèle, grâce à une solution d’appels simultanés, 20 000 foyers peuvent être avertis en 20 minutes du risque. Guy Daniel, adjoint au maire, nuance néanmoins en rappelant que « la rapidité de l’information ne doit pas faire oublier le risque, ni conduire à répéter les erreurs d’urbanisation ; pour rendre une ville durable, il faut l’adapter à son environnement naturel et non l’inverse ».

Améliorer les performances de l’éclairage public

L’intégration des nouvelles technologies lors de la rénovation de l’éclairage public permet de réaliser des économies d’énergie et financières, ce qu’illustre l’initiative de la ville de Saint-Gratien (95). Engagée dans une démarche globale de développement durable, la commune a adopté un Agenda 21, selon le plan d’actions pour le XXIe siècle adopté par 173 chefs d’états lors du Sommet de la Terre à Rio de Janeiro en 1992. Elle a entrepris une réflexion sur les économies potentielles et les questions de sécurité liées à l’éclairage public, qui est le second poste de consommations d’énergie après les équipements publics.
La ville a mis en place un système de télégestion et a doté chaque point lumineux d’un boîtier de commande. Ce système permet de commander l’allumage et l’extinction de manière globale, de détecter les défauts et pannes en temps réel, d’anticiper le vieillissement des lampes et de régler l’intensité lumineuse rue par rue, selon les besoins. Résultat, les économies réalisées sont réelles : économies liées à l’exploitation (-12,5 %) et à la diminution de consommation d’électricité (-20 %).

Le numérique au service du développement économique

L’exemple du Télespace Vercors, ouvert en 1996 à l’initiative d’élus locaux, fait figure de pionnier. Construit par la communauté de communes du Massif du Vercors (CCMV), ce bâtiment de 500 m2 accueille des entreprises de tailles diverses tournées vers le télétravail. Au-delà des bénéfices pour les salariés en termes de qualité de vie, cette initiative a permis au territoire de dynamiser son image et de restructurer les rapports entre la ville et la montagne.
« La mise en place de routes numériques a été le pivot de la stratégie de diversification économique »,, indique Chantal Carlioz, maire de Villard-de-Lans (38), ville d’accueil de l’édifice. « La réalisation du Télespace répond à la volonté politique de faire de la proximité de Grenoble une chance, tout en refusant d’en être la banlieue ».

Les offres de mobilité innovantes

A Angoulême, la Société de transport du Grand Angoulême (STGA) a misé sur le numérique pour fournir des informations en temps réel aux usagers des transports en commun. Le but : augmenter la fréquentation des transports publics. Un service d’informations multicanal pour les voyageurs a été mis en place en 2010. Il intègre la technologie de la géolocalisation, avec l’installation de QRC (Quick Response Codes) sur les arrêts de bus. Lorsqu’ils sont flashés par téléphone mobile équipé de cette technologie, les horaires de passage sont indiqués. Par ailleurs, les titres de transports peuvent être achetés sur Internet. Une application mobile a également été développée pour localiser les arrêts de bus les plus proches, indiquer le trajet pour s’y rendre, ainsi que les horaires des deux prochains bus. Pour la STGA, les résultats sont encourageants : l’image des transports publics a été dynamisée et de nouvelles cibles de voyageurs ont été touchées.

Un nouvel outil numérique au service du développement urbain durable

La charte de Leipzig sur la ville européenne durable, adoptée le 24 mai 2007 par les ministres européens de la Construction et de l’Urbanisme, prône la mise en place d’une politique de développement urbain intégré et solidaire. Ses objectifs se traduisent de façon opérationnelle par la mise en place d’un site Internet Reference framework for sustainable cities (RFSC), ou Référentiel européen de la ville durable, décidée à l’occasion de la Déclaration de Marseille du 25 Novembre 2008.
Sa version finale sera mise en ligne fin 2012. Ce site doit représenter « une boîte à outils pour les villes, pour faciliter le partage et le dialogue sur le développement urbain durable et intégré », a indiqué Jean-Louis Hélary, directeur du Centre d’études sur les réseaux, les transports, l’urbanisme et les constructions publiques (Certu). Ces outils doivent aider à la prise de décision pour concevoir l’approche du développement urbain et permettre une évaluation des stratégies adoptées grâce à des indicateurs de suivi.


© Jaumette Harang – Uni-éditions – janvier 2012