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Le blog des entreprises / FINANCES

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La France en panne de dynamisme entrepreneurial

09 jan
FINANCES

Janvier 2012

Malgré les progrès accomplis, il reste du chemin à faire. Ce sont les chefs d’entreprise eux-mêmes qui le disent, à l’occasion d’une étude réalisée par le cabinet Ernst & Young sur la confiance entrepreneuriale au sein des pays du G20.

Les chefs d’entreprise français ne semblent guère optimistes sur la capacité de notre pays à encourager la création et le développement d’entreprises. A l’occasion de cette étude, ils classent la France 19e sur 20 en matière de dynamisme entrepreneurial, dans le peloton de queue des pays du G20. Un jugement assez surprenant, quand on sait – ce que rappelle au passage ladite étude – que l’Hexagone se situe parmi les nations les plus dynamiques en matière de création d’entreprise.

Les PME ont un rôle-clé à jouer

Alors que la période de turbulences économiques actuelle met en lumière la fragilité de nos grandes entreprises, très dépendantes de la conjoncture économique mondiale, des voix s’élèvent pour rappeler que les PME recèlent un gisement de croissance et d’emplois largement sous-exploité, notamment, celle de Jean-Pierre Letartre, le président d’Ernst & Young France. Pour cet expert, pas de doute, « les entrepreneurs ont un rôle-clé à jouer dans le retour à la croissance ». Il invite d’ailleurs les gouvernements à « créer et renforcer des conditions favorables à leur développement ». Afin d’apporter de l’eau à cette réflexion, le cabinet Ernst & Young a missionné une vaste étude internationale sur le thème du dynamisme entrepreneurial, dont les résultats ont été dévoilés début novembre, à l’occasion du G20 des petites entreprises.

Un éclairage sans concession

Cette étude d’opinion, la première du genre à aborder le thème du dynamisme entrepreneurial à un niveau mondial, a mobilisé la participation d’un millier d’entrepreneurs issus des pays du G20. Elle apporte un éclairage sans concession sur la manière dont les chefs d’entreprises perçoivent la capacité de leur pays à encourager la création et le développement d’entreprises. Et pointe au passage le fossé qui sépare parfois la perception des choses de la réalité. Ainsi, en France, où le rapport note l’importance des progrès accomplis en matière de simplification administrative, les sondés restent très mesurés sur la capacité du pays à favoriser l’esprit d’entreprise. En matière de dynamisme entrepreneurial, le pays termine en 19e position, avant dernière du classement, très loin derrière des pays comme les Etats-Unis, l’Inde et la Chine, en tête du peloton.
Les sondés mettent notamment en cause le manque d’engagement des pouvoirs publics à créer un environnement propice à l’accès aux financements. Mais aussi un déficit général de culture entrepreneuriale. Le fait que la prise de risque, l’audace créatrice et l’ambition de grandir soient perçues positivement dans de nombreux pays, alors que l’échec reste en France un handicap presque indélébile, est symptomatique de cet état d’esprit, souligne le rapport.
Pourtant, l’étude souligne que la France fait également figure d’exemple, et ce à plusieurs égards. Les chefs des entreprises des autres pays soulignent ainsi la pertinence de plusieurs dispositifs, en vigueur chez nous. Notamment les fonds communs de placement dans l’innovation (FCPI), le statut d’auto-entrepreneur, ou encore le crédit impôt recherche. Vu de l’étranger, le tableau semble moins noir que d’ici.

Pour en savoir plus


© Thibault Bertrand – Uni-éditions – décembre 2011