Retour au site Crédit Agricole
Le blog des entreprises / Social RH

Une sélection d’actualités générales, financières et sociales utiles pour votre entreprise

Un tiers des entreprises n’utilisent pas les fonds dédiés à la formation

07 juil
Un tiers des entreprises n'utilisent pas les fonds dédiés à la formation
Social RH

Juillet 2015

Une étude de la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares), portant sur l’utilisation des fonds dédiés à la formation professionnelle, montre qu’un tiers des entreprises de 10 salariés ou plus n’utilisent pas ou peu cet argent pour former leurs salariés.

Chaque année, les entreprises versent une contribution obligatoire au fonds de formation professionnelle de leur branche. Depuis la réforme de l’année dernière sur le financement de la formation, cette contribution s’élève à 1 % de la masse salariale. Ces fonds sont ensuite redistribués aux entreprises qui en font la demande, pour former leurs collaborateurs.

En toute logique, on pourrait penser que les employeurs ne se privent pas de solliciter cette manne. C’est le cas pour certains. Paradoxalement, d’autres ne profitent pas ou très peu de ces fonds. Et leur nombre est significatif. Selon une enquête de la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares), publiée en avril dernier, 30 % des entreprises de 10 salariés ou plus sont dans ce cas.

Les petites entreprises en première ligne

Premier constat : cette situation concerne une frange d’entreprises bien ciblée. En l’occurrence, les plus petites. Plus l’effectif salarié est réduit, moins l’employeur sollicite les fonds destinés à la formation professionnelle, pointe la Dares. Alors que la moitié des entreprises de 10 à 19 salariés n’y fait pas ou peu appel, le ratio tombe à 20 % pour les entreprises de 50 à 199 salariés, et à 10 % au delà de ce seuil.

L’explication tient notamment à la difficulté des petites entreprises de se passer d’un salarié le temps de la formation, ce qui dissuade les employeurs, mais aussi leurs collaborateurs, d’engager des démarches dans ce sens.

Ce n’est pas la seule raison. Il existe également un lien direct entre le niveau d’organisation des entreprises en matière de formation et l’utilisation des fonds qui y sont alloués. Ainsi, les entreprises les moins formatrices sont, en comparaison des plus actives, beaucoup moins nombreuses à disposer d’un responsable formation (24 % contre 47 %). Elle sont également moins enclines à formaliser un plan de formation (28 % contre 70 %), à élaborer un budget annuel de formation (44 % contre 72 %) et à engager une concertation avec les représentants du personnel sur ce sujet (18 % contre 40 %).

Des changements d’organisation profitables

L’enquête de la Dares montre que les entreprises délaissant la formation changent parfois de politique et deviennent beaucoup plus actives sur ce terrain. Cette évolution n’a rien de fortuit. Elle résulte généralement d’un changement d’organisation ou de fonctionnement au sein de la production, qui génère de nouveaux besoins en compétences, donc en formation. Plus que par choix, c’est davantage en réaction à un besoin donné que le changement s’opère.

De même, le franchissement des seuils légaux d’effectifs a un impact direct sur l’effort de formation. En particulier lors du passage du cap des 20, puis des 50 salariés, qui entraîne la mise en place d’un certain nombre d’obligations, notamment en termes de formation et de concertation avec les représentants du personnel.

Pour en savoir plus :
Dares - Etude sur l’utilisation des fonds dédiés à la formation professionnelle


© Thibault Bertrand - Uni-éditions - Juillet 2015