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Du bon usage du compte courant d’associé

Le compte courant d’associé permet aux actionnaires d’avancer des fonds à l’entreprise pour consolider sa trésorerie. Voici comment l’utiliser.

Le compte courant d’associé est un outil qui permet aux dirigeants ou aux actionnaires d’une société d’y placer des fonds, sans pour autant devoir recourir à un emprunt extérieur ou à une augmentation de capital. Il peut être alimenté de deux manières : soit par des sommes que la société doit à ses dirigeants ou actionnaires et auxquelles ils renoncent temporairement (rémunérations, remboursements de frais, dividendes…) ; soit par des versements d’argent volontaires.

C’est un outil de financement qui est couramment utilisé. Le plus souvent pour pallier une difficulté de trésorerie temporaire. Mais aussi pour accroître les marges de manœuvre financières de l’entreprise, dans une logique de développement et d’investissement.
 

DES AVANTAGES À LA CLÉ

Comparé à une augmentation de capital, les comptes courants d’associés constituent un moyen simple et rapide de faire rentrer des fonds dans la société. Inutile en effet de modifier les statuts pour les alimenter. Autre intérêt : contrairement aux sommes qui sont injectées dans le capital de l’entreprise, celles versées sur un compte courant peuvent être remboursées à tout moment.

Ce choix est également moins coûteux que le recours à l’emprunt. En effet, si les comptes courants génèrent des intérêts au bénéfice de leurs titulaires, ces derniers sont versés aux associés concernés et non à un prêteur extérieur. De ce point de vue, le recours aux comptes courants peut être un bon moyen de rémunérer les associés lorsque l’entreprise ne verse pas de dividendes. D’autant plus avantageux que cette charge d’intérêts est déductible du résultat imposable de la société (dans la limite d’un taux plafond révisé mensuellement, en l’occurrence, 1,97 % au maximum pour les exercices clos en mars 2017).
 

LES LIMITES DU PROCÉDÉ

Pour utiliser cet outil à bon escient, il faut être conscient de ses limites. La première tient au risque financier consenti, en cas de défaillance de l’entreprise : dans cette hypothèse, les comptes courants passent généralement par pertes et profits. La seconde limite réside dans le fait que les comptes courants d’associés offrent un faible niveau de garantie vis-à-vis des tiers, comparé à un apport en capital. De ce fait, si l’entreprise sollicite un prêt auprès de la banque, il y a toutes les chances que cette dernière lui impose une clause de cession d’antériorité de créances, autrement dit un engagement à geler le remboursement des comptes courants d’associés, le temps qu’elle rembourse son emprunt.

© Uni-éditions - avril 2017

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