Préparer l’achat de son logement

Interview de Pierrette Juteau, DMO/CF, Crédit Agricole SA

Février 2014

"Il faut penser à devenir propriétaire à partir de la quarantaine, et consulter sa banque avant tout engagement"

Vaut-il mieux être propriétaire ou locataire ?

C’est une question que l’on peut se poser quand on est jeune : la location autorise une plus grande mobilité professionnelle, par exemple. En revanche, être propriétaire au moment de la retraite, et si possible en ayant fini de rembourser son crédit, est rassurant, à double titre : le budget logement est très allégé et il n’y a pas à redouter un congé donné par le propriétaire.
Compte tenu de la durée souvent nécessaire pour rembourser un prêt immobilier – de 15 à 25 ans –, il faut y penser autour de la quarantaine, si on ne l’a pas fait avant.

Quel budget faut-il prévoir pour devenir propriétaire ?

Le coût du logement que l’on souhaite acheter est fonction de sa localisation, de sa taille, etc. Une étude de marché préalable s’impose donc. Il faut penser à ajouter au prix les frais d’acquisition – de l’ordre de 3 à 4 % dans le neuf, et de 7 à 8 % dans l’ancien : on dispose ainsi du budget à prévoir. Reste à connaître le montant du crédit que l’on peut obtenir puis à vérifier la faisabilité de l’opération sur le plan financier, en fonction de l’apport personnel dont on dispose.

Combien peut-on emprunter ?

Le montant du financement que la banque peut accorder dépend des ressources du ménage et de la durée de l’emprunt. En ce qui concerne les ressources, la banque veille au respect d’un taux d’endettement maximum, de l’ordre de 30 %. Il est impératif que le ménage dispose d’un revenu pour lui permettre maintenir son niveau de vie et de faire face à ses dépenses : l’accession à la propriété ne doit pas mettre son budget en difficultés ni l’obliger à des sacrifices trop lourds. Un point de repère : si l’effort mensuel à prévoir correspond au loyer que le ménage paie sans difficultés depuis un certain temps, l’acquisition ne devrait pas poser de problème.

Quels autres conseils donner à un futur acquéreur ?

Le premier conseil à lui donner est de consulter sa banque avant de signer quelque engagement que ce soit, afin de savoir s’il peut être financé et pour quel montant. Ce n’est pas parce que les compromis ou les promesses de vente contiennent des conditions suspensives d’obtention de prêt qu’il faut s’engager à la légère.
Le deuxième conseil porte sur le bien lui-même. Parmi toutes les vérifications à faire, une attention particulière doit être portée au diagnostic de performance énergétique (DPE). Consultable dès la première visite, il renseigne sur les qualités thermiques du logement, suivant un classement de A à G. Plus on s’approche de la lettre G, plus le logement promet d’être coûteux en chauffage.
D’où un troisième conseil : au-delà de la lettre D, mieux vaut prévoir de réaliser les travaux, d’isolation ou autres, aussitôt après l’achat. Il faut en parler à sa banque avant d’acheter, pour qu’elle propose la solution de financement global (achat + travaux) la plus appropriée.

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