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Comment lutter contre la démarque inconnue

30 juil
Comment lutter contre la démarque inconnue
Activité

Juillet 2015

Vols à l’étalage, produits mal référencés, livraisons incomplètes… La démarque inconnue cause un préjudice important. Voici quelques points de repère pour évaluer l’ampleur du phénomène et envisager une réponse adaptée.

La démarque inconnue correspond à l’écart entre ce qu’un commerçant pense détenir dans son stock et ce dont il dispose réellement. On la chiffre à intervalles réguliers à l’occasion des inventaires. Et cela réserve parfois de douloureuses surprises.

Quelle est l’ampleur du phénomène ? La dernière étude en date, réalisée l’année dernière par la société Checkpoint System, qui commercialise des solutions de sécurité contre le vol, en donne une bonne idée. Selon ses auteurs, la facture de la démarque inconnue s’est chiffrée à 4,4 milliards d’euros en France en 2013. Ce qui représente 1,09 % du chiffre d’affaires des grands distributeurs. Pas négligeable, à l’heure où les seuils de rentabilité frôlent parfois l’équilibre.

Des causes multiples

Première chose à rappeler : la démarque inconnue ne se limite pas aux vols à l’étalage. Ses origines sont multiples. Elle résulte non seulement des vols commis par les clients, mais aussi de ceux perpétrés par le personnel. Elle découle aussi d’erreurs d’enregistrement des marchandises, de livraisons incomplètes et mal vérifiées, etc.

Selon Checkpoint Systems, les vols à l’étalage représentent 58 % de la démarque inconnue, ceux commis par les employés environ 17 %. Les pertes dites administratives (erreurs d’inventaire notamment) participent elles aussi à hauteur de 17 % du total et la fraude fournisseurs pèse pour environ 8 % du total.

Fait notable : certains produits sont plus à risque que d’autres. Il s’agit des articles faciles à dissimuler et qui se revendent facilement. Dans le secteur de l’équipement de la personne, ce sont les petites pièces, les bijoux et les chaussures. Dans l’électronique, les accessoires pour mobiles, les smartphones et les tablettes. Dans les magasins de bricolage, les outils électriques, les piles, les serrures. L’alimentaire, qui présente une faible valeur faciale, est relativement épargné, à l’exception des alcools et spiritueux.

S’équiper et faire preuve de vigilance

Pour contrer la démarque inconnue, pas de secret : lorsqu’on est déjà occupé en rayon et à la caisse, mieux vaut s’équiper de systèmes antivol, voire de dispositifs de surveillance pour réduire le risque. De nombreuses solutions existent : étiquettes antivol, puces électroniques, boîtiers sécurisés, systèmes de surveillance vidéo, portiques de détection…

Il est également conseillé de faire preuve de bon sens. Par exemple, en organisant ses rayonnages de manière à offrir une visibilité maximale quel que soit l’angle de vue. Ou encore en plaçant les produits les plus chers loin de la sortie. Si l’on commercialise des produits de valeur, rien n’empêche de mettre des exemplaires factices en exposition plutôt que des originaux.

Quand aux vols commis par le personnel, même s’ils sont moins fréquents, il faut aussi là aussi être vigilant. Les remboursements fictifs d’articles et les annulations d’opération sont une technique plus répandue qu’on ne le pense. Des procédures d’autorisations particulières peuvent être mises en place pour parer à ces risques.

Pour en savoir plus :
Checkpoint systems - Etude sur la démarque inconnue


© Thibault Bertrand – Uni-éditions – juillet 2015