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Le blog des professionnels / Activité

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Commerce et artisanat : des mutations durables

05 nov
Activité

Novembre 2011

Ces 25 dernières années, le paysage des métiers du commerce et de l’artisanat a profondément évolué. Certaines activités ont pris leur envol. D’autres au contraire, confrontées à la concurrence de la grande distribution et des réseaux du commerce organisé, ont cédé du terrain. Une étude de la Dares (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques) met en évidence ces tendances de fond.

Pourquoi est-il plus difficile de se lancer dans le commerce aujourd’hui que dans les années 1980 ? Comment se fait-il que le secteur de l’hôtellerie-restauration ait vu disparaître des dizaines de milliers de petits patrons, alors que la hausse de la fréquentation touristique tirait le secteur ? La Dares apporte à toutes ces questions des réponses étayées, sur la base d’une étude portant sur la période 1982-2009, publiée cet été.

Les indépendants cèdent du terrain

En un quart de siècle, le paysage du commerce indépendant a changé de visage. Alors qu’au début des années 1980, les trois quarts des patrons de magasins étaient à leur compte, cette proportion est descendue à 50 % aujourd’hui. En cause : la recomposition du paysage commercial, amorcée dans les années 1990, avec le développement des supermarchés, des grandes surfaces spécialisées et des réseaux d’enseignes, qui a bouleversé les équilibres en place.

Même chamboulement, dans le secteur de l’hôtellerie-restauration, où la part des indépendants a sensiblement décru par rapport aux chaînes et réseaux succursalistes. Les patrons d’établissement indépendants, qui représentaient 95 % des effectifs de la profession au début des années 1980, ne sont plus que 80 %. Pourtant, le développement du tourisme a dopé l’activité. Mais pas suffisamment pour contrecarrer la concentration opérée dans le secteur de l’hôtellerie et le développement de la restauration collective, responsables de cet état de fait.

La grande distribution en cause

Si la situation dans les métiers de bouche est moins flagrante, l’essor de la grande distribution et l’industrialisation croissante de l’agroalimentaire ont là aussi rogné les parts de marché des indépendants. Ces derniers sont désormais moins de 30 %, contre 40 % dans les années 1980.

Dans ce contexte de plus en plus concurrentiel, certains secteurs tirent malgré tout leur épingle du jeu. C’est le cas des services à la personne, et de l’esthétique coiffure, notamment, où l’activité s’est fortement développée, grâce aux chèques emploi service.

Un pas vers la parité

Autre enseignement notable : en 25 ans, les effectifs de certains secteurs se sont féminisés, notamment dans le commerce, où la parité est désormais de mise. Même constat dans les métiers de bouche, même si la présence féminine reste encore largement minoritaire (16 %). Dans un secteur comme celui de l’hôtellerie-restauration, en revanche, on assiste à l’effet inverse. Alors que les femmes étaient majoritaires (56 %), elles ne représentent plus que 38 % des effectifs aujourd’hui.

Une seule chose ne change pas : le volume des horaires de travail, toujours aussi élevé. En particulier dans le commerce, où les professionnels multiplient les journées de 9 ou 10 heures, ainsi que dans l’hôtellerie-restauration, où les horaires de travail « atypiques » sont fréquents : 90 % des professionnels interrogés travaillent le samedi, 70 % le dimanche, 29 % la nuit.


Consulter l’étude Dares


© Thibault Bertrand – Uni-éditions – octobre 2011