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Comment les artisans financent leur activité

15 mai
Comment les artisans financent leur activité
FINANCES

Mai 2015

Une étude montre que les artisans ont davantage recours à l’autofinancement qu’à l’emprunt bancaire pour subvenir à leurs besoins de trésorerie et d’investissement. Ce qui tend à limiter leur potentiel de développement.

Quand il est question de trouver les fonds nécessaires à la conduite de leur activité, les artisans comptent d’abord sur eux-mêmes plutôt que sur les acteurs du financement traditionnel. C’est en substance le constat qui ressort d’une étude réalisée par l’Institut supérieur des métiers, dont le contenu figure dans un rapport de BpiFrance sur la situation des PME, publié au mois de mars. Pourtant, lorsque les artisans ont recours à leur banque pour obtenir un crédit, la réponse est généralement positive.

Priorité à l’autofinancement
C’est une tendance bien établie. Lorsqu’elles ont besoin d’investir, les entreprises artisanales privilégient l’autofinancement. Selon l’Institut des métiers, plus d’une sur quatre (27 %) déclare financer l’ensemble de ses projets d’investissement ou de développement de cette manière. Ce choix s’explique en partie par la nature des investissements à réaliser. Bien souvent, ils concernent des montants peu importants, qui se succèdent, et sont rarement prévisibles en amont. Il en découle une exigence de flexibilité pas toujours compatible avec le montage d’une demande de prêt. Mais ce n’est pas tout. Une tendance à la gestion « au jour le jour » plutôt que par anticipation participe également à cette situation.

Le prêt bancaire, une alternative opportune
Malgré cela, les concours bancaires restent la première source de financement externe des entreprises artisanales lorsqu’il s’agit de financer leurs investissements. Toutefois, cette option est généralement activée lorsque l’entreprise n’a pas d’autre solution de financement. C’est le cas pour 69 % des artisans interrogés. Pour autant, tous ne suivent pas cette ligne. Ainsi, un peu plus d’un quart des professionnels indiquent recourir spontanément et de manière systématique aux concours bancaires pour financer leurs besoins. Les autres répondants, soit 5 %, déclarent ne jamais y faire appel.
Paradoxalement, si les demandes de prêt restent faibles, le taux de refus des dossiers est minime : sur la période couverte par l’étude, 87 % des demandes émises ont été acceptées par les banques.

Un niveau de capitalisation insuffisant
Au vu de ce tableau, on pourrait être tenté de croire que les artisans peuvent se passer de financements. Il n’en est rien. Une partie non négligeable d’entre eux disposent même d’une marge de manœuvre financière limitée. « Avec un ratio fonds propres sur total bilan inférieur à 9 %, un quart des entreprises artisanales sont sous-capitalisées », pointe l’Institut supérieur des métiers.
Cette fragilité a deux conséquences préjudiciables. « D’une part, elle débouche sur des problèmes de trésorerie récurrents. D’autre part, elle obère leurs capacités de développement à plus long terme », souligne l’étude. Ce qui, dans le contexte actuel du marché, tend à les fragiliser un peu plus.

Pour en savoir plus :
BpiFrance - Rapport sur l’évolution des PME 2014


© Thibault Bertrand – MIG/Uni-éditions - avril 2015