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Le blog des professionnels / Social RH

Une sélection d’actualités générales, financières et sociales utiles pour les entrepreneurs.

Ce qui va changer dans l’apprentissage

27 mar
Social RH

il y a 2 mois

Le Premier ministre a présenté les grands axes de la réforme de l’apprentissage, qui sera entérinée cette année. L’une des priorités affichées est de lever les freins dissuadant les professionnels de recruter des apprentis.

L’apprentissage est un véritable tremplin vers l’emploi. Dans les sept mois qui suivent leur formation, 70 % des apprentis trouvent un poste. Pourtant, la filière tourne au ralenti. Aujourd’hui, la France compte 400 000 apprentis en activité, soit 7 % de la population des jeunes de 16 à 25 ans. Un taux deux fois inférieur à celui des pays européens enregistrant un faible taux de chômage des jeunes. C’est pourquoi le gouvernement veut réformer le système. Il doit présenter un projet de loi en ce sens en avril. Voici ce qu’il devrait changer.
 

Inciter les employeurs à recruter davantage

C’est, aux yeux du gouvernement, une nécessité pour développer la filière. À cette fin, les dispositifs d’aide existants seront simplifiés et renforcés. Alors qu’on en recense aujourd’hui quatre, ils seront unifiés en un seul, dont le montant sera revu à la hausse. Compte tenu de cette augmentation, le montant de l’aide allouée dépassera 6 000 € pour deux années de contrat. Par rapport à la situation actuelle, le reste à charge pour un artisan employant un jeune de 25 ans diminuera de 100 € par mois.

Autre nouveauté : les recrutements d’apprentis pourront avoir lieu tout au long de l’année, et non plus seulement autour de la période entourant le début des formations. En outre, les formalités d’embauche seront allégées, de même que les modalités de rupture du contrat. Enfin, la réglementation encadrant le travail des apprentis sera assouplie. Dans le secteur du bâtiment, le temps de travail maximum des mineurs sera porté à 40 heures. Dans la boulangerie et la pâtisserie, la réglementation des horaires de travail sera également étendue.
 

Mieux prendre en compte les besoins des employeurs

Le constat du gouvernement est clair : pour développer l’apprentissage, il est indispensable de l’orienter davantage vers les besoins de compétences réels des employeurs. De ce point de vue, les branches professionnelles, qui représentent les entrepreneurs, auront un rôle accru à jouer : d’une part, dans la définition du contenu des formations ; d’autre part, dans les arbitrages visant à définir, sur les territoires, les filières d’apprentissage à privilégier. Un rôle qui était jusqu’alors dévolu aux seules régions.

Enfin, pour renforcer l’image et l’attractivité de l’apprentissage auprès des jeunes, la rémunération des apprentis sera revue à la hausse (30 € nets par mois jusqu’à 20 ans) et une aide au passage du permis de conduire d’un montant de 500 € sera accordée aux apprentis majeurs. Enfin, la limite d’âge de formation en apprentissage sera portée de 26 à 30 ans.


© Thibault Bertrand - Uni-éditions - mars 2018