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Le blog des professionnels / Social RH

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Les professions libérales se féminisent

03 mai
Social RH

Mai 2012

C’est une tendance de fond. Aujourd’hui, les femmes représentent près de la moitié des effectifs de professionnels libéraux. Pourtant, le tableau n’est pas idyllique. Notamment en termes d’égalité professionnelle entre hommes et femmes.

Parmi les 850 000 professionnels libéraux en activité, 46 % sont des femmes. Cette proportion va augmenter : au sein des filières étudiantes menant aux professions libérales, on compte aujourd’hui trois femmes pour un homme. Malgré cette dynamique, des problèmes persistent. Les femmes gagnent moins bien leur vie que les hommes. Elles rencontrent aussi d’importantes difficultés à concilier vie professionnelle et personnelle.

Les professions libérales se féminisent, c’est un fait. Aujourd’hui, 46 % des professionnels du secteur libéral sont des femmes. Ce mouvement, qui démontre la vigueur de l’entrepreneuriat au féminin, constitue « un véritable atout pour la croissance française », souligne Catherine Vautrin, vice-présidente de l’Assemblée nationale et députée de la Marne.

Toutefois, la tendance est inégale. Ainsi, si les femmes sont fortement représentées dans les professions de santé, où elles totalisent 50 % des effectifs, elles restent en revanche très minoritaires dans d’autres métiers. « Les femmes médecins sont deux fois moins nombreuses que les hommes et les écarts sont encore plus sensibles dans d’autres activités comme l’architecture, l’assurance, la comptabilité », recense Catherine Vautrin.

Cette dynamique soulève toutefois quelques problèmes. Notamment celui de l’égalité professionnelle entre hommes et femmes, qui est loin d’être acquise au sein du secteur libéral. Selon l’UNAPL (Union nationale des professions libérales), les effectifs féminins du secteur gagnent en moyenne 44 % de moins que les hommes. Avec des écarts très sensibles dans certaines professions : 117 % dans les métiers juridiques, 82 % dans le secteur financier, 47 % dans le conseil. Un déséquilibre qui, heureusement, n’existe pas dans le secteur de la santé, où la part des femmes est importante.


Un cumul d’activités compliqué

Autre problème qui complique la vie des professionnelles libérales, en particulier de celles qui exercent à titre individuel : l’articulation entre vie professionnelle et vie privée. D’une part, ces femmes travaillent beaucoup : 71 % disent effectuer 40 à 50 heures de travail par semaine. D’autre part, elles assument bien plus de tâches domestiques que les hommes. « Cela crée un risque d’empiétement des temps d’activité l’un sur l’autre, qui est générateur de stress », souligne Geneviève Bel, présidente de la délégation aux droits des femmes au Conseil économique, social et environnemental.

Il reste donc du chemin à faire. C’est pourquoi l’UNAPL a créé l’année dernière un groupe de travail dédié à l’exercice libéral au féminin. Ses membres ont remis au gouvernement plusieurs propositions : allongement du congé de maternité à 16 semaines pour toutes les professionnelles du secteur, mise en place d’un fonds de formation favorisant la reprise de l’activité après une maternité, facilitation du recours aux emplois à domicile… Des mesures visant à favoriser une meilleure articulation entre vie professionnelle et personnelle. La question des rémunérations reste, pour sa part, en suspens.


Pour en savoir plus :

http://www.unapl.fr/dossier/femmes-professions-liberales/chiffres-cles


© Thibault Bertrand - Uni-éditions – Mai 2012