- Comprendre la perte d’autonomie
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Vivre la perte d’autonomie
- Evaluer ses propres besoins
- Evaluer les besoins d’un proche
- Le maintien à domicile - Les aidants professionnels
- Le maintien à domicile - Les aidants familiaux
- L’entrée en institution
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- Les aides financières permettant de rester chez soi
- Les aides permettant de financer l’accueil en établissement
- Les aides fiscales et sociales
- Aide et soutien aux aidants familiaux
- Anticiper la perte d’autonomie
Dépendance
Que signifie la « Perte d’autonomie » ?
Du fait de l’allongement de la durée de la vie et des progrès médicaux, nous sommes de plus en plus souvent confrontés au vieillissement d’un parent ou d’un grand-parent, voire à notre propre avancée en âge et à ses conséquences. Actuellement, près du quart des Français ont 60 ans et plus, les plus de 75 ans représentent 9 % de la population ; près d’un million de personnes seraient en situation de dépendance. Eu égard au vieillissement de la population, le gouvernement réfléchit à la création d’un cinquième risque de la Sécurité sociale pour couvrir cet enjeu de santé publique.
Étymologiquement, être autonome, c’est avoir la faculté de se gouverner soi-même, la capacité de prévoir et de choisir, la liberté de pouvoir agir, accepter, refuser en fonction de son propre jugement. Avec l’âge ou du fait de certaines maladies ou d’un handicap, cette capacité à faire nos propres choix se trouve parfois entravée.
Les notions de perte d’autonomie et de dépendance ne s’opposent pas, ni ne se confondent. Elles sont plutôt complémentaires. L’autonomie renvoie au libre-arbitre quand la dépendance implique un besoin d’aide. La dépendance se définit en effet comme l’impossibilité totale ou partielle d’effectuer sans aide les activités de la vie quotidienne ou de s’adapter à son environnement ; cette impossibilité peut être physique, pschychique ou sociale. On peut être autonome et dépendant, par exemple si on ne peut se déplacer, si on est alité ou dans un fauteuil roulant, dans un appartement sans ascenseur… La présence d’un tiers sera indispensable pour accomplir certaines tâches de la vie quotidienne, même si on est capable de décider de les accomplir ou non. Une réduction ou une perte d’autonomie s’impose rarement du jour au lendemain et il n’est pas toujours aisé de repérer les premiers signes. Elle peut nous concerner à titre personnel ou concerner un proche, et prendre des formes variées : pertes de mémoire de plus en plus fréquentes, difficulté à préparer ses repas, à faire seul sa toilette, à s’alimenter régulièrement, à s’exprimer clairement, etc.
Dans ces situations, lorsque le doute ou l’inquiétude s’installe, mieux vaut faire le point, avec son médecin traitant notamment. Il est également possible de s’adresser à un centre local d’information et de coordination gérontologique (Clic). Ces « guichets uniques », répartis sur tout le territoire, rassemblent des professionnels de santé, médico-sociaux et sociaux pour informer et orienter les personnes âgées et leur entourage, faciliter les démarches de prise en charge de la dépendance. Ils fédèrent les acteurs locaux pour une meilleure cohérence dans le suivi.
Pour aller plus loin
La loi du 24 janvier 1997, qui crée la prestation spécifique dépendance (PSD), définit la dépendance comme « l’état de la personne qui, nonobstant les soins qu’elle est susceptible de recevoir, a besoin d’être aidée pour l’accomplissement des actes essentiels de la vie ou requiert une surveillance régulière ». Cette définition est d’ailleurs reprise dans la loi du 1er janvier 2002 qui remplace la PSD par l’allocation personnalisée à l’autonomie (APA). Pour le Conseil économique et social, l’autonomie se définit comme la capacité et le droit d’une personne à choisir elle-même les règles de la conduite de ses actes et des risques qu’elle est prête à courir ; la possibilité d’effectuer sans aide les principaux actes physiques, psychiques, sociaux, économiques de la vie courante, et à assurer sans aide la satisfaction des besoins fondamentaux ; la possibilité de s’adapter à son environnement. La non-satisfaction de ces besoins constitue la perte d’autonomie. La dépendance apparaît lorsque malgré des aménagements, les soins et actes courants deviennent impossibles, lorsque la personne âgée est dans l’incapacité de subvenir seule à la satisfaction de ses besoins fondamentaux.
Perte d’autonomie et dépendance : des situations qui ne se recouvrent pas tout à fait
La perte d’autonomie peut concerner tout à chacun, du jour au lendemain (à la suite d’un accident de voiture ou d’une maladie subite par exemple) et quel que soit son âge. Elle ne recouvre donc pas tout à fait la même chose que la dépendance. La perte d’autonomie suppose l’altération des facultés cognitives, quand la dépendance renvoie au besoin d’aide d’un tiers au quotidien, à l’incapacité. La perte d’autonomie entraîne la dépendance. Mais le contraire n’est pas forcément vrai. Par exemple, la Charte des droits et libertés de la personne âgée dépendante insiste sur le respect de l’autonomie des personnes dépendantes, dans la mesure du possible. On admet que l’incapacité d’accomplir soi-même des gestes courants n’empêche pas de décider de sa vie (liberté d’exercer ses choix dans la vie quotidienne et de déterminer son mode de vie, de choisir son lieu de vie, etc.). Mais dans les textes et les discours, la perte d’autonomie et la dépendance sont souvent confondues. En France, on parlera de dépendance pour les personnes âgées de plus de 60 ans. Pour l’Insee, « la dépendance est définie comme le besoin d’aide des personnes de 60 ans ou plus pour accomplir certains actes essentiels de la vie quotidienne. Elle est liée non seulement à l’état de santé de l’individu, mais aussi à son environnement matériel : une personne âgée se déplaçant difficilement sera très dépendante, voire confinée chez elle, si elle habite en étage dans un immeuble sans ascenseur, mais plus autonome dans le cas contraire » (Michel Duée, Cyril Rebillard, « La dépendance des personnes âgées : une projection en 2040 », Données sociales, Insee, 2006).
- La perte d’autonomie est irrémédiable. Non, la perte d’autonomie peut être temporaire, suite à un problème de santé, qui requiert l’aide d’un tiers au quotidien. Cette aide devient obsolète une fois recouvré son état de santé. On retrouve alors toute son autonomie.
- La perte d’autonomie ne concerne que les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée. Non, même si ces pathologies constituent la principale cause de dépendance lourde chez les personnes âgées. La maladie d’Alzheimer touche 18 % des personnes de plus de 75 ans et, au total, 850 000 personnes en France. On peut perdre une part de son autonomie à la suite d’autres événements : une chute, un accident, un choc psychologique…
- La perte d’autonomie est intégralement prise en charge par la solidarité nationale. Les pouvoirs publics (Sécurité sociale et départements essentiellement) prennent en charge une partie importante de la perte d’autonomie, par l’attribution d’aides et de prestations sociales. Mais leur montant est souvent insuffisant et le reste à charge des familles est loin d’être négligeable. Et au-delà des seuls aspects financiers, il ne faut pas négliger l’investissement en temps et la charge affective que suppose la prise en charge d’un proche dépendant.
© Uni Editions - avril 2010
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