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Le blog des entreprises / DIRIGEANT

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Le nouveau visage de la transmission d’entreprise

09 jan
DIRIGEANT

Janvier 2012

Une étude consacrée à la transmission-reprise d’entreprise éclaire ce sujet d’un jour nouveau. L’occasion de battre en brèche quelques idées reçues et de mettre l’accent sur une tendance qui risque de modifier quelque peu les rapports entre cédants et repreneurs.

Qui sont les cédants d’entreprise ? Des entrepreneurs partis de rien ou presque cédant leur affaire à l’horizon de la retraite, pense-t-on volontiers. Si cela reste vrai pour une partie d’entre eux, cette réalité est peu à peu en train de changer. Aujourd’hui, de plus en plus de cessions de PME sont le fait de groupes constitués, voire de holdings, plus motivés par des considérations financières que par le départ en retraite du dirigeant. Une donnée qu’il convient d’intégrer dans sa démarche de reprise.

Un marché en pleine évolution

Les études sur la cession-reprise d’entreprises se suivent et ne se ressemblent pas toujours. L’une des dernières en date, réalisée par BPCE L’Observatoire, un organisme spécialisé dans les études économiques, sort du lot et apporte un éclairage nouveau sur le paysage de la transmission-reprise en France. Ciblée sur les PME, cette étude est d’autant plus pertinente qu’elle a été réalisée sur l’ensemble de la population des établissements de plus de dix salariés, soit 207 000 entreprises au total, et non – comme c’est souvent le cas – sur des projections réalisées à partir d’un échantillon statistique partiel.
Premier constat : Avec 12 315 cessions de PME en 2010, les opérations de reprise sont sensiblement plus nombreuses que les estimations habituelles. Un peu plus du double annoncé en l’occurrence. Deuxième point, qui bat en brèche une idée reçue : l’âge du dirigeant n’est pas forcément le facteur déclenchant. « Dans 58 % des cas, en effet, les opérations de transmission interviennent avant l’âge de 55 ans », souligne Alain Tourdjman, le directeur des études économiques et de la prospective chez BPCE.
Une situation qui reflète une transformation profonde de l’organisation des PME, selon les auteurs de l’étude. De fait, le schéma traditionnel du dirigeant à la tête de sa petite entreprise est peu à peu en train de changer. Aujourd’hui, comptabilise l’étude, 52 % des PME appartiennent à un groupe, lui-même généralement constitué de plusieurs PME, ou fédéré par une holding.

Marge de manœuvre réduite

Résultat : « En marge du traditionnel passage de relais opéré en vue de la retraite, une partie des cessions-transmissions renvoient à d’autres préoccupations », observe souligne Alain Tourdjman. Notamment à des préoccupations d’ordre techniques : réallocation stratégique du portefeuille d’activité, par exemple, ou changement de gouvernance au sein de la maison-mère.
Conséquence : à côté de la génération des cédants traditionnels, celle des sexagénaires créateurs de leur entreprise, par nature très attachés à sa pérennité, apparaît une nouvelle catégorie de cédants, composée de dirigeants plus jeunes, trentenaires ou quadragénaires, dotés d’un profil plus « repreneur » ou « manager », et dont la motivation est davantage financière ou stratégique. Alors que les premiers cherchent d’abord à « adouber » un alter ego ou un fils spirituel, quitte à transiger sur le prix, les seconds sont moins ouverts à l’affect et au compromis.

Plus d’informations sur : www.observatoire.bpce.fr


© Thibault Bertrand – Uni-éditions – janvier 2012