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Le blog des professionnels / DIRIGEANT

Une sélection d’actualités générales, financières et sociales utiles pour les entrepreneurs.

Bâtiment : prévenir les chutes de hauteur

14 jan
Bâtiment : prévenir les chutes de hauteur
DIRIGEANT

14 janvier

Les chutes de hauteur constituent la deuxième cause de décès au travail après les accidents de la circulation. Il est pourtant possible de limiter le risque. Christian Adenis, ingénieur conseil en sécurité dans le bâtiment, indique la voie à suivre.

Les professionnels du bâtiment sont particulièrement exposés aux chutes de hauteur. Ce risque est-il suffisamment pris en compte ?
Christian Adenis. La situation s’améliore mais il y a encore du chemin à faire. Alors que, depuis vingt ans, le nombre d’accidents du travail régresse, la baisse est nettement moins sensible en ce qui concerne les chutes de hauteur. Du fait de leur gravité, ces incidents sont pourtant lourds de conséquences. Tant sur le plan physique, que psychologique et bien sûr financier. Si la victime est à son propre compte, cela peut la contraindre à devoir cesser son activité. S’il s’agit d’un salarié, et que l’employeur est jugé fautif, l’indemnisation du préjudice sera à sa charge. En pratique, beaucoup de TPE ne se relèvent pas de cette situation.

Quels sont les principaux facteurs de risque ?

C. A. Si la plupart des chutes surviennent lors de travaux effectués en hauteur, sur des toitures, des terrasses ou des échafaudages, elles peuvent aussi se produire au sol, au contact d’une fosse ou d’une tranchée. Voire sur un simple escabeau. Il faut donc être vigilant, même à faible hauteur. Pas uniquement sur les gros chantiers d’ailleurs, mais aussi lors des petites interventions. De ce point de vue, il faut se méfier de l’effet "routine" qui amène à négliger les mesures de sécurité, notamment lors des travaux d’entretien. Ce n’est pas parce que l’on change quelques tuiles ou que l’on répare une gouttière que le risque disparaît. Enfin, il ne faut pas sous-estimer l’importance des conditions météorologiques. Elles augmentent sensiblement la probabilité d’accidents.

Comment peut-on limiter son exposition au risque ?

C. A. La première chose à faire est de mener, en amont des travaux, une analyse complète du chantier à effectuer, en se posant les bonnes questions. Comment vais-je procéder ? Avec quelles contraintes techniques, quel outillage, quels matériaux ? À partir de là, on peut identifier les facteurs de risques potentiels et prendre les mesures de sécurité qui s’imposent. Lorsque plusieurs options sont possibles, ce questionnement doit permettre de choisir la plus sûre. Si l’on peut travailler à partir d’une nacelle élévatrice plutôt que sur une échelle, il faut le faire. Si l’on peut assembler une charpente au sol et la mettre en place à l’aide d’une grue, plutôt que de la monter directement sur l’ouvrage, il ne faut pas s’en priver. Au-delà de ça, il faut respecter les règles et procédures de rigueur : privilégier les systèmes de protection collectifs, type garde-corps ou filets de sécurité, plutôt qu’individuels (harnais antichute), les dispositifs de protection permanents plutôt que temporaires, etc.

La sécurité peut être perçue comme une obligation contraignante. Comment surmonter ce frein ?

C. A. La sécurité n’est pas un sujet accessoire. Il faut toujours l’avoir à l’esprit car le moindre relâchement peut être lourd de conséquences. Raison de plus pour l’appréhender de manière positive. Les artisans qui s’approprient ce sujet, sensibilisent leurs collaborateurs aux risques, les forment et s’équipent en conséquence, déplorent moins d’accidents du travail, bénéficient d’un moindre taux d’absentéisme, et améliorent au final leur productivité. Bien comprise et mise en œuvre, la sécurité peut devenir un levier de performance.

Pour en savoir plus :


© Thibault Bertrand – MIG/Uni-éditions – novembre 2015