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L’immobilier de commerce poursuit son recul

04 mar
L'immobilier de commerce poursuit son recul
Activité

4 mars

La production de surfaces de commerce a de nouveau ralenti en France en 2015. Au vu de la diminution du stock d’opérations projetées par les promoteurs, le mouvement devrait se poursuivre.

Essoufflement temporaire ou ralentissement durable ? Après avoir connu un pic au cours des années 2011-2012, la construction de surfaces commerciales a de nouveau reculé en 2015, pour la 3e année consécutive, selon la dernière étude annuelle du marché de l’immobilier en France réalisée par Procos, la Fédération pour l’urbanisme et le développement du commerce spécialisé.
L’année dernière, le volume de surfaces de plancher commercial autorisé par un permis de construire a diminué de 7 % pour atteindre son niveau le plus bas enregistré au cours des 15 dernières années. Soit 4,8 millions de mètres carrés autorisés, contre un peu plus de 7 millions en 2012.

Chute des autorisations de projets

La tendance est bien plus marquée si l’on observe le volume des surfaces commerciales ayant été autorisées par les commissions départementales d’aménagement commercial (CDAC) et la Commission nationale d’aménagement commercial (CNAC). Des autorisations qui sont obligatoires pour tout projet développant une surface de vente supérieure à 1 000 m2.
En 2015, 1 288 000 m2 ont été accordés par ces commissions, soit une chute de 41 % par rapport à 2014, très largement supérieure à la décrue observée en 2013 (– 3 %).

Une loi pénalisante

Ces mauvais chiffres ne sont pas seulement dus à la crise, selon Procos. Ils résultent aussi de l’expectative des opérateurs, qui ont été confrontés l’année dernière à la mise en œuvre de la réforme de l’urbanisme commercial introduite par la loi du 18 juin 2014 relative à l’artisanat, au commerce et aux petites entreprises, dite loi « Pinel ». Ce texte a modifié le régime d’instruction des demandes de permis de construire et d’autorisation d’exploitation de surfaces commerciales. Alors que les projets étaient soumis, au-delà d’un certain seuil, à deux procédures dissociées – d’une part l’examen de la demande de permis de construire, d’autre part celui de la demande d’autorisation d’exploitation commerciale – les deux procédures se superposent désormais. Ce qui a généré de l’incertitude et fait craindre aux opérateurs une augmentation des recours contentieux. Il faudra attendre un peu pour voir si cet effet perdure ou si, au contraire, il s’estompe dans le temps.

Des arbitrages prudents

Dans ce contexte, les opérateurs ont joué la sécurité. "Leur intérêt se confirme pour les opérations moins risquées de création ou d’extension de parcs d’activités commerciales, de retail parks, et d’extensions de centres commerciaux de périphérie ayant fait leurs preuves dans le temps", indique Procos.

Toujours autant plébiscitée, la périphérie draine plus de 90 % des surfaces en projet, soit 4,2 millions de mètres carrés, répartis à hauteur de 55 % pour les opérations de parcs d’activités commerciales, et de 35 % pour les centres commerciaux. Les projets de centres commerciaux de centre-ville restent pour leur part en retrait, avec 7,3 % des surfaces en projet, soit 350 000 m2.


© Thibault Bertrand - Uni-éditions - mars 2016