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Le Scot au service du développement durable, l’exemple de Tours (juin 2012)

03 juil
Général

Juillet 2012

Le schéma de cohérence territoriale (Scot) doit respecter les principes du développement durable. L’agglomération de Tours a poussé l’exercice jusqu’à y intégrer les enjeux internationaux de réduction de gaz à effet de serre.

La ville de Tours a répondu à l’appel à proposition de recherche prospective de l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise d’énergie) et de la mission prospective du ministère de l’Ecologie : « repenser les villes dans une société post-carbone ».

L’agglomération va être dotée d’un nouveau Scot, répondant au modèle du Grenelle de l’environnement, en 2013.

Elle a décidé d’aller plus loin et de stimuler la réflexion pour l’élaboration d’un Scot de deuxième génération, répondant aux engagements internationaux pris par la France, en particulier de diviser les émissions de gaz à effet de serre par quatre d’ici à 2050.

Il ne sera mis en œuvre qu’à l’horizon 2030 :

« Cette réflexion a pour but d’appréhender le rôle de l’aménagement et de l’urbanisme. Le Scot a pour avantage de représenter l’échelle territoriale la plus proche de la réalité, c’est un bassin de vie », explique Jérôme Baratier, directeur de l’Agence d’urbanisme de l’agglomération de Tours (ATU).

Les grands axes

Le projet étudie les grands leviers d’action permettant de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Le chemin à parcourir est le suivant : les émissions de l’année de référence (1990) s’élevant à 2 751 kilotonnes équivalent CO2 (kt eq CO2), elles devraient atteindre 683 kt eq CO2 en 2050. Le scénario prévoit la croissance de l’agglomération de Tours en terme de population.

-  En ce qui concerne l’habitat, « nous savons gérer les constructions neuves respectueuses de la réglementation thermique », indique Jérôme Baratier. « Le plus urgent consiste à s’attaquer au bâti existant, que l’on trouve plus en centre ville qu’en périphérie. » Le principal problème lié à ce levier tient aux besoins et aux moyens financiers, pas totalement identifiés.

-  En ce qui concerne la mobilité, l’Agence a prévu de diviser par deux la part de marché de la voiture : pour atteindre les objectifs, elle doit être de 24 %. En contrepartie, cela nécessite de proposer une réelle offre d’alternative à l’automobile et d’augmenter les parts de marché des transports en commun, de la marche à pied et du vélo. « L’amélioration du parc automobile, les progrès technologiques ne sauraient être une solution, il faut adopter des mesures dans les politiques locales », souligne le directeur de l’ATU.

-  Le Scot prend également en considération l’aménagement du territoire : « le but est d’utiliser zéro hectare pour l’extension urbaine », présente Jérôme Baratier. « Il s’agit plutôt d’engager le recyclage des zones monofonctionnelles existantes, telles que les zones commerciales, elles sont bien situées et peu denses ».

-  Le Scot prévoit de favoriser l’agriculture périurbaine de proximité. « On estime qu’il faut 150 m2 de terre maraîchère par habitant pour le nourrir », explique Jérôme Baratier. « Il faut tendre vers cet objectif, qui a l’avantage de restaurer de la nature autour de la ville, nécessaire à la captation du carbone. C’est également le moyen de faire accepter un modèle de ville dense. »

-  Les énergies renouvelables constituent aussi un enjeu important. Actuellement, 97 % des énergies consommées sont d’origine non renouvelable. Cette part doit passer à 47 %.

Les éléments étudiés seront pris en considération pour la révision du plan local d’aménagement et le plan de déplacements urbains de l’agglomération. « Si le futur Scot prévoit qu’aucun hectare ne sera dédié à l’extension urbaine, cela nous amène à être d’ores et déjà vigilants », conclut-il.


© Jaumette Harang – Uni-éditions – juin 2012