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Mieux gérer les piscines publiques

28 mar
Général

il y a 2 mois

La Cour des comptes pointe le vieillissement des piscines et leur déficit chronique d’exploitation. Elle propose de confier, dans certains cas, leur gestion aux intercommunalités.

Offre inadaptée et vieillissante, c’est la conclusion sans appel de la Cour des comptes dans le chapitre de son rapport annuel consacré aux piscines et centres aquatiques publics. La Haute Autorité insiste en conséquence pour que les modalités d’exploitation techniques et financières des établissements soient « sérieusement améliorées ». À noter que si la Cour reconnaît que les piscines sont des équipements par nature déficitaires (en raison notamment de certaines obligations de service public, comme l’accueil des scolaires), elle évoque très peu leurs missions en termes de service public et de santé publique.
 

Des territoires sous-équipés

La France compte 4 135 piscines et 6 412 bassins de pratique de la nage. La natation représente la deuxième activité sportive et de loisirs des Français. Près de 85 % des piscines des collectivités sont exploitées en régie directe. Les 15 % restants sont gérés en délégation de service public (DSP). La Cour a étudié un échantillon de 100 établissements aquatiques situés dans 69 départements. La moitié des établissements ont été construits avant 1977 et nécessitent des coûts de rénovation élevés. Certains sont particulièrement vétustes. Dans le même temps, les goûts du public évoluent avec une demande plus forte vers des équipements de détente ou ludiques (piscines à vagues, etc.).

La Cour estime également que les piscines sont mal réparties sur le territoire. Exemple, dans les communes disposant d’un quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV), le taux d’équipement par habitant est inférieur de plus de 40 % à la moyenne nationale. Enfin, et surtout la haute autorité pointe la structure déficitaire et les coûts d’exploitation très élevés pour les communes.

Mutualiser les moyens

Les solutions émises par la Cour sont plutôt radicales. À commencer par le transfert des équipements dans de nombreux cas à des intercommunalités. Elle estime que « la commune n’est parfois plus l’échelon local pertinent de ces équipements », alors que selon elle, l’échelle intercommunale permettrait une meilleure mutualisation des moyens. Une vision qui n’est pas partagée aujourd’hui par les associations d’élus qui jugent nécessaire que les collectivités puissent continuer à s’administrer librement et décider elles-mêmes de l’échelon le plus pertinent. Seconde proposition polémique, la Cour soumet l’idée d’un désengagement total de l’État du financement des nouveaux bassins. Départements et régions participeraient alors à la création de schémas de programmation. Le respect des préconisations des schémas déterminerait le versement de subventions régionales et départementales.
 
Pour en savoir plus
Cour des compte, rapport public annuel février 2018 : « Les piscines et centres aquatiques : un modèle obsolète »


© Philippe Houdart – Uni-éditions – mars 2018