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Mettre à disposition un bien gratuitement grâce au prêt à usage (anciennement « commodat »)

16/08/2019 - 1 min de lecture

Rubrique : Fiscalité

#Famille #Décryptage #Immobilier

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Mettre à disposition un bien gratuitement grâce au prêt à usage (anciennement « commodat »)

Ce type de contrat permet de prêter un logement à votre enfant ou une parcelle de terre à un exploitant sans répercussion fiscale et patrimoniale.

QU’EST-CE QUE LE PRÊT À USAGE

Anciennement appelé « commodat », il se définit comme « un contrat par lequel l’une des parties livre une chose à l’autre pour s’en servir, à la charge par le preneur de la rendre après s’en être servi » (article 1875 du Code civil). La principale différence avec un bail est sa gratuité. Il faut d’ailleurs être vigilant sur ce point pour éviter toute requalification en fermage dans le cas d’un commodat agricole, par exemple.

QU’EST-CE QUE LE PRÊT À USAGE FINANCE ?

Quant aux biens pouvant en faire l’objet, l’article 1878 du Code civil dispose que « tout ce qui est dans le commerce, et qui ne se consomme pas par l’usage, peut-être l’objet de cette convention ». Le prêt à usage ne porte pas sur des biens qui peuvent se consommer par l’usage, mais sur des biens meubles et immeubles comme une voiture, un logement, un bateau, un magasin ou encore une parcelle de terre agricole. Dans ce dernier cas par exemple, le propriétaire foncier la met temporairement à disposition d’un agriculteur. Ainsi, ce prêt ne relève pas d’un bail rural, plus contraignant pour le propriétaire, le terrain est entretenu, ne tombe pas en friche, et l’agriculteur dispose d’une exploitation plus grande.

LES CONDITIONS DU PRÊT À USAGE

Le recours au prêt à usage est simple. Néanmoins, même si le contrat peut être conclut oralement, il est conseillé, afin d’éviter tout contentieux, d’établir un écrit précisant les conditions du prêt (type de bien, durée…) auprès d’un notaire même si le formalisme ne l’oblige pas, afin de ne pas le confondre avec un autre contrat.
Le contrat s’achève à l’expiration du terme convenu. Le bien doit alors être restitué. En revanche, sans durée de prêt définie, le préteur est en droit de le récupérer à tout moment en respectant un délai de préavis raisonnable fixé à l’appréciation du juge. A noter toutefois que, pendant le délai convenu, l’article 1889 du Code civil prévoit que « s’il survient au prêteur un besoin pesant et imprévu de sa chose, le juge peut, selon les circonstances, obliger l’emprunteur à la rendre ».
En termes d’obligations, l’emprunteur supporte les frais d’usage, de conservation et d’entretien du bien. Le prêteur s’acquitte également des différentes taxes, comme la taxe d’habitation et la taxe foncière, et des dépenses extraordinaires, comme la pose de tuiles à la suite d’une tempête, qui permettent la préservation du bien.
Fiscalement, le commodat ne procure pas d’intérêt particulier. Au titre de l’IFI, c'est le propriétaire du bien prêté qui doit comprendre celui-ci dans son patrimoine, sous réserve du droit de contrôle de l'administration quant au but recherché par les parties. De même, le prêt à usage ne transfère pas de droit patrimonial ni sur le bien prêté ni sur ses fruits et revenus. Et en cas de décès, sauf disposition particulière mentionnée au contrat, le commodat se transmet aux héritiers, tant du prêteur que de l’emprunteur. Enfin, pour protéger son « compagnon », il peut être utile pour un concubin propriétaire de mettre en place un prêt à usage. A son décès, le concubin pourra rester dans la maison sans modification de la succession et en évitant le paiement de droits. ll convient toutefois de vérifier les éventuelles conséquences en matière d’impôt sur le revenu (et notamment de revenus fonciers).
Le commodat est donc une solution souple qui permet de rendre service dans un cadre juridique sécurisé.

 

© Uni-Éditions, mars 2018. Dernière mise à jour juillet 2019

Article à caractère informatif et publicitaire.
Les informations présentes dans cet article sont données à titre purement indicatif et n’engagent pas la responsabilité du Crédit Agricole ; elles n’ont en aucun cas vocation à se substituer aux connaissances et compétences du lecteur. Il est vivement recommandé de solliciter les conseils d’un professionnel.