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Améliorer l’empreinte écologique des cartes bancaires

09 sep
Améliorer l'empreinte écologique des cartes bancaires
Quotidien

il y a 2 mois

Stanislas Pottier, Directeur du Développement durable au sein de Crédit Agricole S.A., détaille cette initiative qui est une première mondiale et qui s’inscrit pleinement dans l’approche RSE* du Groupe.

On parle beaucoup de réduction de l’empreinte carbone. En quoi le recyclage des cartes bancaires s’inscrit dans cette démarche ?

De par ses multiples activités de financement et d’investissement, le Groupe Crédit Agricole a un rôle moteur dans la transition vers une économie plus responsable et moins émettrice de carbone. En cohérence, il faut aussi se préoccuper de notre empreinte directe. Certes, nous sommes une industrie de services, mais nous "fabriquons" quelques produits, dont le plus emblématique est la carte bancaire. C’est très symbolique car les clients manipulent plusieurs fois par jour cet élément de contact avec leur banque.
A l’image de ce que nous faisons dans l’immobilier avec le Label BBCA(1) (Bâtiment bas carbone), il apparaît normal d’envisager la carte bancaire dans l’ensemble de son cycle de vie. Nous avons donc étudié la manière de fabriquer des cartes bancaires plus écologiques avec deux grandes innovations françaises et mondiales. La première consiste à changer son matériau de fabrication en passant du PVC (issu du pétrole) au PLA (polyacide lactique), un plastique à base de résine de maïs totalement végétal et renouvelable. Néanmoins, cette carte contient toujours des éléments métalliques dans la piste magnétique, l’antenne des cartes NFC (sans contact) et la puce, qu’il convient de récupérer et recycler en fin de vie. La seconde innovation porte ainsi sur la création d’une filière de récupération et recyclage des cartes bancaires pour donner une seconde vie aux métaux qui y sont contenus, d’autant que certains sont rares et précieux. Le recyclage permet aussi d’éviter l’impact environnemental négatif d’une incinération de la carte, qui est la pratique courante. Cet éco-geste permet aussi de solliciter les clients pour qu’ils rapportent leur carte en agence et d’évoquer avec eux l’engagement du Groupe en matière environnementale.

La carte de paiement appartient à la banque qui a donc une responsabilité. Comment impliquer également les clients ?

La carte est un produit très réglementé. Il a fallu prouver que la carte en PLA présentait les mêmes comportements de résistance que le PVC et les mêmes fonctionnalités qu’une carte traditionnelle, des conditions sine qua non pour obtenir l’agrément du Groupement des cartes bancaires. Ensuite, il fallait matérialiser le fait que la carte est en PLA et recyclée. Ainsi, figure au verso des cartes bancaires distribuées par le Crédit Agricole un petit anneau de Möbius vert.
Par ailleurs, la lettre qui accompagne la remise de la nouvelle carte, quand celle-ci est transmise par courrier, mentionne le fait que la carte est recyclée et invite les clients à la rapporter en agence et à ne pas la détruire. Résultat : 13 tonnes de cartes ont été récupérées en 2014 et 17 tonnes en 2015, preuve de la participation volontaire de nos clients à cet éco-geste.

Comment sont récupérées et recyclées les anciennes cartes bancaires ?

Pour des raisons de sécurité, il faut maîtriser la vie des cartes jusqu’à leur recyclage. Celles-ci peuvent être collectées dans n’importe quelle agence du Crédit Agricole. Les cartes usagées à recycler sont stockées sur le site de Crédit Agricole Payment Services à Champagne au Mont d’Or (69) où elles sont broyées. Elles sont ensuite envoyées par camion chez Umicore à Anvers (Belgique), notre partenaire externe spécialisé dans le recyclage de déchets électroniques. A l’aide d’une méthode industrielle de recyclage chimique, Umicore est capable, à partir de la carte broyée, de récupérer les métaux et de les extraire du broyat. Ce système répond ainsi à une exigence de sécurité (les cartes récupérées sont inutilisables) et au fait qu’aucune opération mécanique ne soit réalisée en agence.
Umicore donne une seconde vie aux métaux recyclés qui peuvent, par exemple, être réemployés pour la production de composants automobiles ou téléphoniques. Quant au PVC du support de carte, il contribue directement à la solution de traitement en tant que réactif chimique, au lieu d’être incinéré.

Quels autres partenaires vous accompagnent dans cette démarche ?

Dès l’origine, l’innovation a été co-développée avec Gemalto qui a choisi d’investir d’importants moyens en recherche et développement à grande échelle pour cette première mondiale. Aujourd’hui, tout cela se fait en coopération avec l’ensemble de nos fournisseurs de cartes bancaires.

En quoi cette carte bancaire environnement est-elle innovante ?

Elle l’est de par son matériau : le PLA. Il est fabriqué à base d’amidon de maïs non OGM (organisme génétiquement modifié) cultivé dans l’État du Nebraska (États-Unis). Avant de retenir ce partenaire, nous nous sommes assuré que le maïs produit est exclusivement réservé à des utilisations de nature industrielle et non à visée alimentaire.
De plus, par souci de cohérence sur ce projet à caractère environnemental, nous avons obtenu l’engagement de notre fournisseur de veiller à ce que le maïs utilisé soit non OGM et même de planter la surface équivalente à la production nécessaire à notre approvisionnement en maïs non OGM. Cela représente environ quinze hectares pour fabriquer l’ensemble de nos cartes. Là aussi l’empreinte carbone est limitée. Nous avons travaillé avec l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise d’énergie) pour s’assurer qu’il y avait un gain en termes de réduction d’empreinte carbone.
Nous voulions privilégier un circuit d’approvisionnement français ou européen, mais pour le moment cela n’a pas été possible. Je pense que les choses évolueront dans les années qui viennent avec l’extension progressive de notre initiative à d’autres acteurs.

Une carte bancaire a une espérance de vie de 3 ans. A quel horizon pensez-vous convertir l’ensemble des cartes du réseau ?

Fin 2018, toutes les cartes bancaires délivrées par le Crédit Agricole – 13,8 millions au 31 mars 2016 – devraient être en PLA.

A l’occasion du Salon des Maires, Crédit Agricole S.A. s’est vu décerner la Marianne d’or du développement durable. Que récompense ce prix ?

C’est la première fois que le Salon des Maires remettait ce prix à une entreprise privée. La Marianne d’Or du développement durable récompense notre initiative de carte bancaire environnementale éco-conçue et recyclée. Mais d’une manière générale, cette initiative a toujours rencontré un écho favorable car elle est très concrète, facile à décrire et porte sur un objet connu de tous.

D’autres moyens de paiement sont-ils concernés par la démarche ?

Le succès de la carte bancaire nous a poussés à compléter notre panoplie de moyens de paiement respectueux de l’environnement avec le carnet de chèques durables. Pour cela, nous avons conclu un partenariat avec PEFC – le pionnier de la certification forestière en France – ce qui constitue, une fois encore, une première mondiale. Depuis janvier 2016, Crédit Agricole propose à ses clients des chéquiers imprimés sur du papier issu de forêts gérées durablement. Pour en attester, un logo PEFC y est apposé.

Indépendamment des moyens de paiement, pouvez-vous résumer la démarche, "l’esprit RSE" du Crédit Agricole ?

Il y a un ADN du Groupe qui le prédispose à ce type d’initiative : ses fondements coopératif et mutualiste poussent naturellement le Crédit Agricole à œuvrer en faveur de la résilience des territoires, de l’utilité et de la durabilité des projets, et à s’engager sur la solidarité. S’ajoute une véritable dynamique portée par la Direction Générale du Groupe pour intégrer la RSE à l’ensemble de nos métiers (banque privée, assurance, gestion d’actifs, banque de financement et d’investissement, immobilier, crédit consommation…). Notre volonté est que la RSE devienne un automatisme, qu’elle irrigue toutes les activités du Groupe. Et pour que la RSE soit crédible, il faut être capable de montrer sa contribution à la stratégie et à la performance globale de l’entreprise.