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La troisième voie du label « Zéro résidu de pesticides »

23/12/2019 - 1 min de lecture

Rubrique : Tendances

#Décryptage #Développement durable et énergie

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La troisième voie du label « Zéro résidu de pesticides »

Élaboré par plusieurs organisations de producteurs, le label « Zéro résidu de pesticides » garantit l’absence de résidus de pesticides dans la limite de quantification des techniques d’analyse. Il se pose comme une troisième voie, aux côtés de l’agriculture conventionnelle et de l’agriculture bio, en étant porteur d’obligations de résultat et pas seulement de moyen.

ZRP pour Zéro résidu de pesticide : voilà un nouvel acronyme avec lequel il va falloir se familiariser, assorti d’un logo apposé sur les emballages des fruits et légumes concernés. L’objectif est limpide : il s’agit de garantir aux consommateurs l’absence de résidus de pesticides dans les fruits et légumes certifiés comme tels. Quelle différence avec les produits issus de l’agriculture conventionnelle ? Celle-ci est soumise aux Limites maximale de résidus (LMR) qui fixent, par substance active et par denrée alimentaire, un seuil maximal à ne pas dépasser. Ces LMR s’appliquent également aux produits issus de l’agriculture biologique (AB), à ceci-près que les substances concernées doivent figurer au cahier des charges de l’AB, lequel bannit les produits de synthèse. Quant au label Zéro résidu pesticide, il garantit l’absence de résidu dans la limite de quantification des instruments actuels de mesure, soit 0,00001 g/kg, un niveau inférieur aux LMR dans tous les cas. Cette limite de quantification est définie par la Commission européenne, via le document de santé 11813/2017.

UNE PROMESSE FORTE

Le label ZRP relève d’une initiative privée, portée par le collectif Nouveaux Champs fédérant plus de soixante organisations de producteurs, soit environ 6 000 agriculteurs. Moins de 2 ans après son lancement, il revendique un chiffre d’affaires cumulé de 59 millions d’euros, réalisé dans les principales enseignes de la grande distribution, en fruits et légumes frais pour l’essentiel, fruits et légumes transformés, céréales et vins. Des productions 100% françaises, faut-il le préciser. La promesse est forte. Réalisées par des laboratoires indépendants accrédités Cofrac, les analyses ciblent bien évidemment les matières actives homologuées sur la culture concernée mais pas seulement. Les molécules retirées du marché mais rémanentes (néonicotinoïdes), celles controversées (glyphosate), celles pouvant provenir de cultures environnantes ainsi que les métabolites de dégradation dont les résidus sont réglementés sont également traqués. À titre indicatif, en France, 521 substances actives sont homologuées et 310 d’entre elles se voient appliquer une LMR.

ABSENCE DE RÉSIDU, MAIS PAS DE PÉDAGOGIE

Pour ne pas risquer de trahir la promesse, chaque lot est systématiquement analysé. Par lot, le label entend un producteur, une parcelle, éventuellement une variété et enfin un itinéraire cultural. En amont, tout est mis en œuvre pour réduire le recours aux pesticides via différents leviers techniques et agronomiques (variétés résistantes, auxiliaires...). Sur une base de 492 parcelles, en 2018, les producteurs de fruits et légumes engagés en ZRP ont réduit leur indicateur de fréquence de traitement (IFT) de 51%, comparativement à la production conventionnelle. Il ne faudrait pas en conclure que la démarche est une formalité agronomique : environ une parcelle sur deux, toutes productions confondues, n’est pas conforme au label tout en étant en-deçà des LMR, selon le collectif Nouveaux Champs. Celui-ci s’inscrit pleinement dans la démarche Haute valeur environnementale (HVE) mais reconnaît qu’il va falloir faire preuve de pédagogie pour faire assimiler cette troisième voie auprès des consommateurs.

 

© Raphaël Lecocq – Uni-Médias – Décembre 2019
Article à caractère informatif et publicitaire.