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Brexit : plus de peur que de mal

07/01/2021 - 2 min de lecture

Rubrique : Tendances

#Décryptage #Vie locale

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Brexit : plus de peur que de mal

L’accord de commerce et de coopération conclu entre le Royaume-Uni et l’Union européenne le 24 décembre évite l’instauration de droits de douane et de quotas, mais pas les procédures douanières. Seul le secteur de la pêche se voit contraint au plan économique.

Un peu moins de 50 ans (1973) après avoir adhéré à la Communauté économique européenne (CEE), le Royaume-Uni a quitté l’Union européenne (UE) le 1er janvier 2021, conformément au vœu des sujets britanniques qui avaient approuvé le Brexit par referendum en 2016. C’est la première fois que l’UE perd l’un de ses membres et pas des moindres, le Royaume-Uni faisant jeu égal avec la France (derrière l’Allemagne), tant par sa population que par son Produit intérieur brut (PIB). Du point de vue des échanges, la France est en revanche créditée d’un excédent commercial de 12,5 milliards d’euros (2019) selon les Douanes françaises, dont 3 milliards d’euros dans le secteur agroalimentaire. La France y exporte majoritairement du vin (à hauteur de 31,5% des exportations), des produits laitiers (11,4%) et des préparations à base de céréales (9,4%). Elle importe en retour des spiritueux, des produits de la mer et de la viande ovine notamment. L’accord de commerce et de coopération, qui écarte l’instauration de droits de douane, est un soulagement pour les opérateurs économiques. Environ 150 000 entreprises françaises commercent avec le Royaume-Uni, en majorité des Petites et moyennes entreprises (PME).

LA PÊCHE IMPACTÉE, LA LOGISTIQUE FREINÉE

Les pêcheurs de l’Union européenne vont cependant devoir renoncer à 25% des captures européennes, avec une période de transition jusqu’en 2026. Selon le ministère de la Mer, le préjudice s’élèvera à 42 millions d’euros pour la filière française. Celle-ci va bénéficier d’un plan d’accompagnement budgétaire et de sortie de flotte, de restructuration et de formation pour les marins pêcheurs abandonnant la filière.

Toutes les autres filières ne devraient pas subir de préjudice. En revanche, la fluidité logistique sera entamée car le Royaume-Uni est désormais considéré comme un pays tiers, ce qui suppose des contrôles aux frontières. Même si les modalités du Brexit ont tenu en haleine tous les acteurs durant plus de quatre ans, et jusqu’à sept jours avant la sortie officielle, les procédures avaient été largement anticipées, le départ du Royaume-Uni étant inéluctable. Une forme de frontière dite « intelligente » a ainsi été mise en place, permettant d’informatiser et de fluidifier au maximum les procédures douanières ainsi que les formalités sanitaires touchant notamment aux produits végétaux, animaux et agroalimentaires.

PAS DE POULET AU CHLORE

L’accord de commerce et de coopération évite un autre écueil et qui aurait consisté à faire du Royaume-Uni un cheval de Troie pour faire rentrer sur le sol européen des produits en provenance de pays tiers ne correspondant pas aux normes sanitaires en vigueur sur le continent. Pour imager la problématique, les représentants des organisations agricoles et agroalimentaires avaient brandi l’exemple des poulets au chlore et du bœuf aux hormones interdits d’entrée en Europe mais que le Royaume-Uni, désormais souverain pour décider de les importer ou pas, pourrait réacheminer sur le continent. L’accord conclu entre le Royaume-Uni et l’UE écarte cette menace, grâce à l’alignement des normes de production européennes. Gageons que nos amis britanniques continuent d’apprécier les produits « made in France ».

 

© Raphaël Lecocq – Uni-Médias – Janvier 2021
Article à caractère informatif et publicitaire.

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