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Le colza va-t-il disparaître du paysage français ?

Depuis 2015 les mauvaises nouvelles s’accumulent pour la filière colza. Entre le projet de directive européenne visant à stopper la dynamique sur les biocarburants de 1re génération à horizon 2021-2030, la reconversion en 2018 du site Total de La Mède en bio-raffinerie dont une partie sera alimentée par de l’huile de palme, et tout récemment la réduction par la commission de Bruxelles des droits antidumping sur le biodiesel en provenance d’Argentine, les opérateurs de la filière colza commencent vivement à s’inquiéter de l’avenir cette culture.

La culture du colza est arrivée en France il y a une trentaine d’années et représente aujourd‘hui environ 1,4 million d’hectares soit 5 % de la surface agricole utile. 5 millions de tonnes de graines en moyenne sont produites chaque année. Le colza a de nombreux avantages : des débouchés interdépendants entre l’huile alimentaire, l’huile destinée à la fabrication de biodiesel et les tourteaux de colza comme sous-produits utilisés en alimentation animale, permettant à la France d’être moins dépendante des importations de protéines végétales. Le colza est aussi considéré comme une très bonne tête d’assolement d’un point de vue agronomique.

 

D’abord soutenue politiquement par des aides à la production mais aussi par une réglementation favorable au développement des biocarburants à partir de la graine (1ère génération), la filière a su se développer en conséquence. Mais les marchés réglementés sont souvent sujets à des évolutions positives au démarrage, négatives avec le temps. Face à cette perspective, les opérateurs de la filière en rappellent les bénéfices : les biocarburants issus de l'agriculture française ont permis la reconquête de la souveraineté de notre pays en matière de protéines végétales pour l'alimentation animale, portée d'un peu plus de 20 % dans les années 1980 à plus de 55 % aujourd'hui. Cela a généré 30 000 emplois en France, principalement en milieu rural, et les biocarburants contribuent à hauteur de 2 milliards d'euros au PIB national, permettant de surcroît une économie d'importation de diesel et de tourteaux pour l'alimentation animale de l'ordre d'1,5 milliard d'euros.

Ces arguments suffiront-ils à infléchir les positions politiques ? La fin de la vente des voitures à essence et diesel d’ici à 2040 annoncée récemment par le nouveau ministre de l’environnement, Nicolas Hulot, vient encore assombrir l’avenir en remettant en cause les filières de biocarburants de 1re génération, et donc un débouché crucial pour le colza…

Cet article est extrait de Prisme, l'analyse de la conjoncture et de l'actualité agricole et agroalimentaire. (Octobre 2017)

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© Crédit Agricole SA

Source : Prisme Octobre 2017

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