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Participer à l’organisation de la société en donnant du sens à son épargne

01/09/2020 - 5 min de lecture

#Décryptage

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Participer à l’organisation de la société en donnant du sens à son épargne

Delphine Di Pizio Tiger, Directrice générale d’Indosuez Gestion, et Jean-Jacques Barbéris, Directeur de la clientèle institutionnelle et corporate d’Amundi, expliquent en quoi la crise sanitaire renforce la prise en compte des enjeux de développement durable.

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QUE RECOUVRE LA NOTION DE DÉVELOPPEMENT DURABLE ?

Delphine Di Pizio Tiger : La notion de développement durable va au-delà de l’investissement financier. La durabilité du modèle économique de la société dans laquelle investir est primordiale pour des investisseurs de long terme. Celle-ci s’inscrit dans une vision plus large du développement de l’économie en général : comment l’entreprise s’insère globalement dans l’évolution de son écosystème pour faire en sorte qu’il perdure ? Cela revient à allier l’économique, le social et l’environnemental.

Jean-Jacques Barbéris : Le développement durable consiste à rechercher un modèle de développement économique qui répond aux besoins du présent sans compromettre les capacités des générations futures à satisfaire à leurs propres besoins. C’est un principe d’organisation des sociétés qui tient compte des ressources de la planète en agissant sur la dimension environnementale, sociale et économique. Une notion chère au Crédit Agricole au regard de sa raison d’être « Agir chaque jour dans votre intérêt et celui de la société ».

EN QUOI LA CRISE SANITAIRE MET-ELLE EN LUMIÈRE CES SUJETS ?

JJB : Elle joue comme un accélérateur d’une tendance préexistante. Pendant la crise sanitaire et financière, les seuls supports financiers qui ont collecté sont ceux qui intègrent une dimension ESG (environnementale, sociale et de gouvernance) forte. Dans le même temps, les actifs ESG ont continué à sur-performer. Mais ce que la crise fait émerger de nouveau, c’est que progressivement les dimensions environnementales et sociales se renforcent mutuellement. C’est la notion de « transition juste » : s’assurer d’investir de manière durable dans des entreprises dont le comportement permet l’acceptabilité sociale de la transition. Ce qui, là encore, correspond aux valeurs du Groupe.

DDPT : Pendant quasiment deux mois, l’économie mondiale a été mise à l’arrêt avec pour effet un impact positif sur la pollution de l’air et le réchauffement climatique. Malgré cela, on s’inscrit à peine dans la trajectoire « 2 degrés » des Accords de Paris de 2015. Le chemin pour y parvenir est donc difficile et long. La période de crise a également interrogé nos business modèles et nos habitudes de consommation. C’est pourquoi, cette crise sanitaire doit inciter à accélérer cette transition écologique et énergétique. Les États semblent d’ailleurs en prendre conscience. Le plan de relance de la Commission européenne de 750 milliards d’euros comprend des mesures en faveur de cette transition et de soutien aux secteurs les plus touchés comme l’aérien, l’automobile, l’énergie.

CELA AMÈNE-T-IL LE GROUPE CRÉDIT AGRICOLE À RENFORCER SES ACTIONS EN LA MATIÈRE ?

JJB : La question de la durabilité et de la contribution positive de nos métiers aux sociétés dans lesquelles nous vivons est au cœur du projet mutualiste. La crise renforce cette ambition et le modèle de banque universelle de proximité du Groupe Crédit Agricole.
Cela se traduit par des engagements forts sur certains sujets, notamment le climat avec une politique ambitieuse en matière de sortie du financement du charbon thermique puisqu’en 2030 plus aucun euro du Groupe n’y sera investi.

Côté Amundi, nous serons 100% ESG d’ici 2021. Cela signifie que dans nos fonds ouverts aux particuliers, Amundi prend l’engagement d’avoir une performance ESG systématiquement supérieure à celle de l’univers d’investissement de référence. Nous pensons que c’est un vecteur de performance financière et que cela permet de généraliser l’intégration de la démarche ESG à l’ensemble de nos gestions.

EST-CE QU’IL Y A DES SECTEURS PLUS ACTIFS QUE D’AUTRES (LE SECTEUR FINANCIER PAR EXEMPLE) ?

DDPT : Sur les aspects environnementaux, les secteurs les plus pénalisés sont ceux en proie à de grands changements structurels comme l’énergie ou l’automobile. Mais globalement les choses évoluent et les entreprises, quel que soit leur secteur d’activité, prennent en compte les critères extrafinanciers à tous les niveaux (bien être des salariés, égalité homme-femme, recyclage des déchets…). Les entreprises mal notées sur des critères ESG seront délaissées, ce qui pèsera sur leurs performances boursières et leurs capacités à se financer.

Le secteur financier est doublement impliqué ; dans ses propres pratiques d’une part, et dans ses produits et services d’autres part. Car il y a une pression des clients qui sont sensibles à ces questions. Mais aussi parce que l’entreprise gagne en efficacité. Cela implique d’être irréprochable en matière de politique RSE (responsabilité sociétale et environnementale). En tant que société de gestion, nos produits financiers doivent également incarner ces préoccupations/thématiques. Et ce, afin d’éviter, entre autres, tout risque de réputation. La prise en compte des critères ESG est donc à terme une question de survie pour les entreprises financières.

JJB : Sur l’enjeu climatique, qui est avant tout un enjeu de politique énergétique, les secteurs les plus polluants (énergie, industrie, utilities (1)) sont les plus concernés. La responsabilité de l’effort pèse donc d’abord sur eux.

La contribution positive ou négative du secteur financier se mesure principalement au regard de la nature des projets dans lesquels il investit et à qui il prête. Des distinctions de nature géographique doivent toutefois être faites. Ainsi, le secteur financier français fait figure de bon élève au sein du secteur financier européen, lui-même très en pointe par rapport aux anglo-saxons. Le secteur financier européen commence à jouer son rôle, et le jouera de plus en plus dans l’avenir, ce qui est loin d’être le cas de son homologue américain.

COMMENT CONCILIER FINANCE ET DÉVELOPPEMENT DURABLE ?

JJB : En intégrant les enjeux de développement durable au sein des processus d’investissement, et en en mesurant l’impact. À titre d’exemple, Amundi mesure l’empreinte carbone de ses portefeuilles mais aussi la température de son univers d’investissement. Si ces produits affichent une performance supérieure, c’est en raison d’une demande croissante pour les sociétés qui ont un meilleur profil environnemental. Demain, potentiellement, lorsque tout le marché sera ESG, il n’y aura normalement plus de différentiel de prix. Il est donc d’autant plus intéressant d’investir maintenant sur ces produits.

DDPT : Du fait de ses effets sur les marchés financiers au travers son impact sur la croissance économique et l’activité des entreprises, le dérèglement climatique est forcément pris en compte. De même que la demande des clients qui souhaitent de plus en plus donner du sens à leur épargne.

En banque privée, les clients sont très exigeants et vigilants sur la manière dont leurs avoirs sont investis. Les investissements responsables des grands clients devraient ainsi augmenter de 18% par an pour atteindre 9 000 milliards de dollars en 2024 (2). De même, 50% des millennials millionnaires souhaitent des investissements reposant sur des facteurs sociaux (3). Enfin, prendre en compte ces critères permet d’assurer la pérennité de la performance de leurs placements.

EST-CE TOUT L’ENJEU DE L’INVESTISSEMENT SOCIALEMENT RESPONSABLE (ISR) ?

JJB : L’ISR consiste à intégrer une dimension sociale et environnementale à un processus d’investissement. Tout en ayant un objectif financier, les particuliers veulent de plus en plus donner du sens à leur épargne et qu’elle participe à la construction de la société dans laquelle ils veulent vivre. Une gamme de produits doit leur être proposée dans ce sens avec des niveaux d’engagement différents en fonction des choix de chacun.

DDPT : L’enjeu pour l’ISR est de prendre en compte ces critères de long terme et d’apporter une valeur ajoutée par rapport aux seuls critères financiers. Mais aussi de générer une performance supérieure sur le long terme et de réduire le risque dans les portefeuilles. Enfin, plus ces critères sont utilisés par le secteur financier, et plus ils performent (effet grégaire).

JUSTEMENT, EST-IL POSSIBLE D’INVESTIR SUR DES PRODUITS QUI EXPRIMENT LES CONVICTIONS DE VOS CLIENTS ?

DDPT : En fonction de votre degré de sensibilité au risque, de votre engagement, et de votre appétence à l’investissement responsable, nous proposons une offre de gestion sur mesure. Celle-ci s’articule notamment autour de mandats et de fonds dédiés ESG et thématiques qu’il est possible de loger dans différentes enveloppes fiscales (PEA, compte-titres, assurance vie multi-supports, plan d’épargne retraite et épargne salariale), auxquelles s’ajoutent des fonds ouverts.

JJB : Amundi propose toute une gamme de fonds qui répondent à ces demandes. Il est ainsi possible de se constituer un portefeuille dont la démarche ESG est totalement intégrée à sa gestion. Ou investir sur des thématiques qui vous sont chères comme le climat, l’éducation, la réduction des inégalités, la transition énergétique en investissant dans les énergies renouvelables…

QU’EN EST-IL DE LA PERFORMANCE DE CES SOLUTIONS D’INVESTISSEMENT ?

DDPT : Il ne faut pas opposer Investissement Responsable et performance. À terme, la question ne se posera plus car le monde de demain sera nécessairement ESG. Si faire de l’ESG ne sera pas discriminant, la façon de le faire le sera. Avant d’investir, s’informer sur le processus d’investissement est essentiel.

JJB : En investissant de manière responsable, les clients ne sacrifient en rien la performance financière (voir graphique). Ce n’est pas du charity business, mais une vraie démarche d’investissement qui contribue à cette performance. Et essaie, d’une manière ou d’une autre, via l’épargne des investisseurs de financer la société dans laquelle ils souhaitent vivre.

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(1) Secteurs regroupant les producteurs et distributeurs d’eau, d’électricité et de gaz
(2) Source : Oliver Wyman / Morgans Stanley
(3) Source : KPMG

 

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© Magazine Regards partagés Crédit Agricole Banque Privée – Edit 360 – Septembre 2020

Article à caractère informatif et publicitaire.