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Un marché un peu moins soutenu en 2016

08 juin
Un marché un peu moins soutenu en 2016
Immobilier

8 juin

Olivier Eluère, Économiste au Crédit Agricole, se veut prudent sur la dynamique retrouvée en 2015, estimant que la variable taux pourrait jouer moins favorablement en 2016.

Avec une hausse de 15% des ventes, “l’année 2015 a été un bon millésime pour l’immobilier résidentiel”, constate Olivier Eluère. Ainsi, 800 000 logements ont été vendus dans l’ancien (+16% par rapport à 2014), retrouvant un niveau proche des points hauts de 2006-2007. Dans le neuf, les ventes promoteurs (100 000) et maisons individuelles (120 000) ont progressé de 14%. Quant aux prix, ils ont continué à reculer faiblement dans l’ancien mais ont montré des signes de raffermissement au second semestre.
Pour Olivier Eluère, "ce rebond est avant tout conjoncturel, lié au très bas niveau des taux de crédit immobilier et aux mesures publiques de soutien dans le neuf avec le dispositif Pinel pour l’investissement locatif (rendement immédiat de 4% à 5% et avantage fiscal). Mais aussi à l’abattement de 30% sur les plus-values de cessions de terrains ou encore à la réforme du prêt à taux zéro". Il est donc prématuré
de parler d’une reprise durable du marché. En 2016, l’immobilier résidentiel bénéficiera encore de fondamentaux favorables : démographie dynamique, phénomène de décohabitation* qui nécessite davantage de logements, préparation à la retraite, effet valeur refuge. S’ajoute une politique monétaire accommodante de la part de la Banque centrale européenne qui maintient les taux très bas.
“Le marché restera bien orienté, estime Olivier Eluère. Mais il risque de s’ajuster un peu dans l’ancien avec des ventes en repli de 5% et des prix à peu près stables”. En revanche, il prévoit une hausse de 10% des ventes dans le neuf. Cette prudence, l’économiste la justifie par une croissance économique faible (de l’ordre de 1,2% en 2016), un chômage stabilisé à un niveau élevé et des prix de vente encore élevés même s’ils ne sont plus clairement surévalués.
En outre, l’effet d’aubaine généré par la baisse des taux de crédit en 2015 devrait s’atténuer, ces derniers risquant de remonter de façon “lente et modérée”. La nouvelle phase haussière du cycle n’étant pas anticipée avant 2018.
Pour autant, l’immobilier (que se soit en direct ou par l’intermédiaire de la pierre papier) reste une valeur refuge et constitue une réelle solution de diversification patrimoniale.

*Augmentation du nombre de ménages célibataires, divorcés, familles monoparentales…


Olivier Eluère
Économiste au Crédit Agricole