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Blog / LOGEMENT

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Habitat participatif : une approche solidaire et économique

29 mar
LOGEMENT

Mars 2011

Se regrouper pour faire construire des logements respectueux de l’environnement et y vivre côte à côte. C’est l’esprit de « l’habitat participatif » qui connaît une nouvelle jeunesse en France.

Un mode de construction alternatif

La montée des prix de l’immobilier et la flambée des loyers remettent au goût du jour un mode de construction alternatif que l’on pensait oublié : l’habitat participatif, également connu sous les termes d’habitat coopératif, habitat du vivre ensemble, habitat autogéré…
Originaire d’Europe du Nord, initiée en France dans la décennie 1950 par le mouvement des Castors, la formule repose sur des notions d’entraide, de mutualisation des moyens, d’économie. Auxquelles s’ajoutent très souvent des préoccupations écologiques. Un programme séduisant pour ceux qui veulent protéger la planète sans aliéner leur confort.

Plusieurs formules

Le principe consiste à réunir un groupe de personnes, qu’il s’agisse de célibataires, de couples ou de familles, que les personnes se connaissent ou non, pour mener ensemble un projet immobilier.
L’entreprise peut recouvrir des formes multiples, reflets des sensibilités de ses initiateurs. Le projet peut se limiter à une autopromotion, c’est-à-dire une promotion immobilière autogérée à plusieurs familles. Il peut aussi se développer en coopérative d’habitants (propriété collective de logements conçus et gérés de façon démocratique par ses habitants, dans une logique non spéculative), ou plus largement en habitat groupé, un terme générique désignant un projet d’habitat conçu et géré par plusieurs ménages, avec des espaces partagés, parfois en coopération avec un bailleur.
Le projet a souvent une composante écologique, la construction étant réalisée avec des matériaux et selon des méthodes respectueux de l’environnement.

Moins cher que le marché privé

Des gains financiers peuvent être réalisés à plusieurs niveaux. L’autopromotion permet des économies estimées entre 15 et 20 % par rapport à un logement du marché privé, à qualité égale. La prise en charge de certains travaux de finition par les membres du groupe peut aussi réduire la facture de façon conséquente. Enfin, l’aménagement d’équipements et d’espaces mutualisés (buanderies, chambres d’amis, salles polyvalentes, espaces de jeux, espaces verts…) tend à réduire la taille des logements et donc leur coût.
La méthode s’adapte à divers types d’habitats. En ville, le projet peut viser la construction d’un immeuble collectif (en général de petite taille, 6 à 40 logements en moyenne) ou son acquisition et sa rénovation. Dans les zones moins denses, les participants choisissent le plus souvent de monter des groupements d’habitations individuelles, conçus comme des « écovillages » avec des maisons mitoyennes, à l’opposé du concept de lotissement.

Pas encore de vrai statut

Reste que ces pratiques innovantes souffrent de ne pas avoir encore de statut qui leur soit propre et d’être relativement ignorées par le Code de l’urbanisme comme par les règles de construction et d’habitation. Trois députés Verts ont déposé une proposition de loi visant à leur reconnaître une existence légale.


@ Uni-éditions - Béatrice d’Erceville – mars 2011